‹ ThéâtreChapitre 242 sur 292 · ACTE H · texte numérisé non relu

ACTE H

ROBERT

Madame... lu silualion a pour point de départ...

RENÉE

Mais, c'est décidément une pièce que vous me contez, monsieur.

ROBERT, d'un Ion ili'gngé.

Oui, madame .. une imagination... vous allez voir. — La situation a pour point de départ l'iiittoire vulgaire de beaucoup de ménages... un mari qui délaisse sa femme et qui se ruine... Il n'y a là rien que de fort ordinaire, c'est un de ces délits que le monde... le mauvais... considère comme parfaitement véniels et qu'on se raconte en souriant, car souvent la femme s'en accommode et profite des loi-irs qui lui sont laissés; mais dans notre intrigue, pendant que le mari s'amuse... la femme se désole.

RENÉE

Oh! cela n'est pas bien nouveau, et...

ROBERT, do nirnic.

Non, mais attendez... Voici oîi est la pièce... La femme a un ami, un ami dévoué qui veut la sauver. Il va trouver la maîtresse du mari, qu'il cunnaît pour une femme de cœur et une femme d'esprit. Il lui dit : >< Madame, vous faites, sans le savoir peut-être, le malheur d'une famille dont la ruine est presque consommée par les dissipations de celui qui vous aime. Quelque sérieux que soient les liens qui vous attachent à lui, ils sont moins sacrés que ceux d'une épouse. Je ■viens vous avertir du mal que vous causez involontairement. » Il n'en dit pas plus. Alors, comme ce n'est point une femme vulgaire, elle comprend et se dévoue, elle emploie les ressources de son esprit pour amener une rupture naturelle en apparence, et...

RENÉEj qui a écoulé les dernières phrases dans le plus granJ trouble, l'interrompant brusquement.

Monsieur !... votre nom?

ROBERT, d'un ton afTeclucux.

Mon nom?... pourquoi le demander, madame? N'est-ce pas ôter à notre aventure tout le charme... du romanesque, nous exposer, peut-être, à reconnaître dans ces héros... de mon imagination... des personnages réels?...

RENÉE, avec dignité.

Monsieur, je crois m'adresser à un homme d'honneur; qui étes-vous ?

ROBERT, de même.

Qui je suis, madame? un ami...

RENÉE

Oh! cessez, monsieur, vous êtes chez moi... je suis une femme et je vous prie... jetez le masque...

ROBERT

Vous l'exigez, madame? j'obéis... Je ne vous trompais pas en me disant un ami... je suis le gendre de monsieur de

Vous ! (Elle se recule brusquenicnl.) monsicur !

ROBERT

Pourquoi vous éloigner?

RENÉE

Assez, monsieur... je comprends mainlonanllc rùle que vous êtes venu jouer ici.

ROBERT

Madame...

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