‹ ThéâtreChapitre 25 sur 292 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Ah! tu crois?... Tiens, pour en juger, c'coute un peu ce que je viens d'écrire, (il déplie un p;ipier.|

DUCn ATEAT.

D'abord, qu'est-ce que c'est que ça?

SYLVAIN, indigne.

Ca ! c'est la plainte de mon âme; ça! c'est la poésie de mon cœur; ça! c'est la fleur de mes illusions! Voilà ce que c'est que ça!

DUCHATEAU.

Voyons un peu ton héroïde.

SYLVAIN, tendre ment.

« Madame... »

DUCHATEAU.

Ça commence comme une lettre.

SYLVAIN

Eh bien! c'est une lettre : ci Madame... »

DUCHATEAU.

A qui adrcsses-tu cela?

SYLVAIN

A qui, sinon à la plus belle ! à la diva Fiammina!

DUCHATi:aU, se levim.

Ah ! j'espère que tu ne pousseras pas plus loin cette extravagance. La Fiammina est une honnête femme; elle est mariée et se soucie fort peu des godelureaux de ton espèce.

SYLVAIN

Et à qui est-elle mariée, je te prie? Quel est ce monsieur Fiammina?

nrCHATEAU.

C'est lord Dudley tout simplement, un gentilhomme qui, dans son polit doigl, vaut toute la piètre personne.

42 LA FIAMMI.NA

SYLVAIN, amércnient.

Ah! il te sied mal de me reprocher mon exiguïté.

DUCIIATEAU.

En attendant, je te prie do renoncer à tes sottes idées, et de ne pas ofl'enser une fomnic que sa position met à l'abri des galanteries de coulisses. En sortant du théâtre, la Fiamniina redevient une femme du monde, une grande dame même. Elle est pour tous lady Dudley, dans un salon, ne l'oublie pas.

SYLVAIN

Peuh! s'il y a longtemps qu'ils sont mariés...

DDCHATEAU.

El de plus, lord Dudley plaidante peu, il fait muuche à tout coup. 11 a déjà mis à la raison quelques muguets trop enthousiastes du talent et de la beauté de sa femme.

SYLVAIN

Vraiment? cela me décide alors. J'hésitais, je m'effrayais d'un de ces amours bucoliques où l'on bêle le verbe aimer du matin jusqu'au soir, sans obstacle et sans variation. Il y a un Olhello! mais mon amoul' prend les proportions d'une aventure : scènes, combats, mystères!... tout y est!

DUCHATEAU.

As-tu perdu l'esprit?

SYLVAIN

Pas du tout. Tu crois que tes épouvantails me feront biffer un des chapitres les plus intéressants de ma vie? Un mari jaloux! mais c'est le plus bel ornement d'une femme. Sans le dragon, les pommes d'or des ilespérides eussent été des oranges comme les autres... 'vois francs la douzaine.

DUCUATEAU.

Tète folle! (il va »'a«îoir à gauclie.)

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