‹ ThéâtreChapitre 28 sur 292 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Duchâteau. Ma retraite étant finie, ma première visite vous était due.

MADAME DUCHATEAU, saluant Fiammin:,.

Je suis heureuse alors, madame, d'être la première à vous féliciter.

FIAMMINA.

Et jamais félicitations ne furent accueillies d'un cœur plus joyeux , madame. Je suis comme l'initié qui vient -de subir sa dernière épreuve, je respire, enfin!

DUCHATEAU.

Vous êtes au lendemain d'un beau jour.

FIAMMINA.

Celui-ci est plus beau, car je reprends ma vie suspendue depuis huit jours par les émotions et la crainte. Je me sens légère comme l'oiseau de Rosine échappé de sa cage, et je vais à tire-d'aile à travers ce beau Paris, depuis si longtemps rêvé et que je n'ai encore vu que par la vitre de ma fenêtre.

SYLVAIN, à mi-voix à son père.

Qu'elle est belle ! ,

DUCHATEAU, à mi-voix.

Sois donc convenable une fois dans ta vie.

MADAME DUCHATEAU, haut à Fianimina , présentant Laure qui ' est passée à g.iuclie.

Ma fille, madame...

FIAMMINA, donnant la main à Laure.

Ah! mademoiselle... (a madame ouchàteau.) Vous êtes une heureuse mère, madame... Je vous envie, en voyant cette gracieuse enfant.

Vous me comblez, madame. (Madame Dacliâtcau invite Fiammina a 6ier sou cliàle cl son cliapeau, qu'elle dépose sur le canapé, à gauche-»)

48 LA FIAMMIXA

DICHATEAU, à lord Duillcy.

Milùrd, vous aviez raison contre moi, hier : Rubiiii avait transposé son air. J'ai perdu noire paii.

DUDLEY, souriant.

Je pariais à coup sûr ; j'étais prévenu. Cela diminiio beaucoup mon mérite et la justesse de mon oreille.

DUCIIATEAU.

Mais convenez qu'on pouvait s'y tromper pour un demi-ton.

MADAMi; DIJCHATEAU, à Fiammioa.

Vous étiez soutirante, hier, m'a-t-on dit, madame. Le succès vous a guérie, je le vois.

FIAMMINA.

Oui! Oh! j'étais bien émue, et il y avait de quoi : j'allais affiontcr ce public suprême qui élève ou renverse les célébrités, et dont le murmure d'approbation vaut lee applaudissements du reste du monde.

SYLVAIN

Yuus vous présentiez à lui cliaigée de tant de couronnes!

FIAMMINA.

Oui, mais un souffle du terrible juge pouvait les effeuiller toutes en un soir.

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