SCÈNE V .IULIEN, M Al) A. ME DK IJI'.MAV
JULIKN.
.l'attendais monsieur do Linnay, madame.
.M A 1) \ M !•; Il E L ! li M A Y, il.iiis l.i plus Brande aftilalion.
Il n'est pas venu?... Ah ! Dieu soit loué, j'arrive à temps! — Mon>ieur. vous me parliez il y a trois jniirs de vdtre reconnaissance, je viens aiijmird'hui vous implorer.
.ILLIKN.
M'iniplorer?...
MADAME DE LIP.MAY, de môme.
Oui;, VOUS voulez venger Renée... je l'ai compris... C'est peut-être un devoir pour vous, mais j'ai compté sur votre cœur; les hommes, je le sais, croient eiïacer l'outrage en répandant du sang.
JULIEN
Madame!...
MADAME DE LIRMAY.
Je ne défends pas le coupable... Mais il est auprès de lui des innocents, une famille qui tremble à la pensée que votre vengeance va jeter sur eux le scandale, la honte, et peut-être le deuil.
JULIEN
Madame, vous vous effrayez à tort... Je n'ai point parlé de vengeance, et j'espère n'en point venir là.
MADAME DE LIRM.^Y.
Oui, vous y renoncerez, n'est-ce pas?... Hélas! ce malheur que je voudrais racheter au prix de ma vie, il est irréparable !... Rejetez la faute sur moi, j'ai mal protégé l'enfant que vous m'aviez confiée; mais soyez généreux, songez que c'est atteindre aussi Renée^dans sa réputition...
JULIEN
J'y songe, madame; j'aborderai sans colère celui qui l'a perdue. Je lui demanderai de réparer sa mauvaise action.
MADAME DE LIRMAY.
Que dites-vous, monsieur? .. Mais... un mariage est impossible!^
JULIEN
Impossible?... Mais si cela était, madame, qu'invoqueriez-vous donc pour le défendre?
138 LA SI-r.ONDK JEUNKSSE
MADAME nn LUI M A Y, fiipplianlc.
Oui, votre colère est légitime... mais ayez pitié de mes larmes...
JULIEN, avec embarras.
MaJamo... je vous en supplie!... Vous savez ce que je dois soulïrir... Eh bien !... je verrai monsieur de Lirmay.
MADAME DE LIRMAY, ipcnluincnl.
Au nom du ciel! ne lui demandez rien, à lui !
JULIEN, élonné.
Conimenl? — Madame, écoutez-moi... je ne saurais oublier la protection que vous m'avez oiïerte un jour...