ACTE I
le fils,» il me semble que ce mol de (ils est placé là comme une sfenlinelle qui crie : « Ilalte-là! ne confondez pas : celui-ci n'est pas le célèbre. »
DANIEL
Bah ! il le deviendra.
IIENUI, s jssevanl prcs de son père.
L'espères-tu?
DANIEL
Oui, je l'espère. Tu as de l'enthousiasme, tu aimeras,
c'est-à-dire tu souflrira?, tu croiras, tu te dévoueras.
C'est l'amour qui fait les poètes et les artistes. 11 donne
quelquefois de rudes leçons , le jeune maître , mais les
' chefs-d'œuvre ne se font qu'à son école>
HENRI
Mais toi, que je vois traverser la vie avec tant de calme et de sérénité, as-tu donc bien souffert?
DANIEL
Oh! j'ai dans mon passé des trésors de malheur qui m'ont rendu bon.
HENRI
Pauvre père ! (lU se icvcni.)
DANIEL
Ah! tu peux bien dire : heureux père. C'est à toi que je dois le talent, si j'en ai; tu as été le motif de ma vie; en voyant ton berceau, je voulus de la gloire, pour toi, je marchai droit à sa conquête; mon amour paternel au cœur, j'eusse soulevé le monde. Et voilà pourquoi je ne te mets pas en garde contre les passions.
HENRI, avec cnUioiisia'me.
Je veux faire une pièce sur l'amour paternel, je le comprends!
CN DOMESTIQUE
Mademoiselle Laurc Duchàteau!
10 LA riAMMlNA