ACTE III
HENRI
Milord, il est un hoiiunc dont la présence me gène, il y a deux jours, j'ai failli me battre à cause de lui; mais j'ai réfloclii que si je risque ma vie, c'est à la cause que je dois m'en prendre [lour empêcher l'efTe* Je ne puis ni ne veux dire le motif de ma provocation ; je pourrais avoir recours à un de ces outrages publics qui ferment toute retraite, mais entre gens de notre monde, un tel éclat ferait rechercher la cause de mon agression, et c'est ce que je veux éviter à tout prix. Je n'ai donc d'autre ressource que de m'adresser à celui qui est un obstacle à mon bonheur, de lui déclarer que ma résolution est inébranlable et que je ne reculerai devant rien pour l'accomplir. Cet homme qui trouble ma vie, c'est vous, milord.
DUDLEY
Moi!
HENRI
Oui, vous!
En vérité, monsieur, je ne comprends pas; cet homme que vous voulez provoquer, c'est moi?
HENRI
Oui, vous, milord.
DUDLEY
Mais voyons, .cela ne peut être sérieux; en quoi puisje vous avoir offensé ?
HENRI
Il est des choses qu'on ne peut pas dire, milord, je vous le répète.
DU LEY
Une pareille agression, monsieur, doit avoir une cause bien grave si elle n'est pas insensée.
HENRI
Elle est grave, cro\ez-lo.