SCÈNE VII
OANIEL, FIAMMINA.
Monsieur, vous redoutez un malheur... vous avez parlé bas, là, tous deux. Par grâce, diles-moi tout. Songez que c'est mon fils, et s'il faut ma vie pour le sauver...
DANIEL
Bassurez-vous, madame; ma protection lui suffira comme par le passé, je l'espère.
FIAMMINA.
Ah oui! j'oubliais... J'ai perdu le droit de mêler ma vie à la vôtre, même pour protéger notre enfant.
DANIEL
Vous interprétez mal mes paroles, madame; mais n'ai-je pas le droit de m'étonnor que vous veniez ainsi?...
i06 LA FIAMMINA
FIAMMINA.
Pardonnez-moi, monsioiii! la crainte d'un malheur m'a seule ramenée près de vous. Mais laissez-moi vous dire que je vous bénis pour ce que vous avez fait de notre enfant; laissez-moi vous dire que vous êtes bien vengé du mal que je vous ai fait.
DANIEL
Ne rappelons pas le passé, madame.
FIAMMINA.
Oh! je ne veux pas me justifier, je ne le pourmis pas. J'ai fait votre malheur; mais vous, ne m'avez-vous pas repoussée, quand je voulais revenir?
DAMEL
Madame I...
FIAMMINA.
Je ne vous accuse pas; mais j'ai bien souffert, allez! Je n'avais pas vingt ans, et pendant quatre années je me suis débattue seule , exposée par la vie de théâtre aux séductions, aux calomnies, aux insultes, et vint le jour où il me fallut un appui; je fus perdue pour vous, et vous eussiez pu me sauver!
DANIEL
Madame, quand une femme a quille son mari, qu'elle a vécu loin do lui, son huimeur n'est plus sauf. Tout bonheur est détruit dans l'avenir. Le doute a tué toute affection, toute confiance, je ne pouvais plus pardonner; il était trop tard.
FIAMMINA.
I/épousc ne peut vous reprocher votre sévérit,é; je le sais; mais la m';re... la mère avnit au moins le droit de voir son enfant
actl; IV 107
DAISIEL.
Écoutez-moi. •^nadame. Le jour où vous avez voulu vous séparer de moi, j'y ai consenti, à condition que je garderais mon lils. Celte condition, vous l'avez acceptée. Vous aviez le droit de le voir, oui; mais quand je vous revis, n'aviez-vous pas perdu ce droit?
FIAMMINA.
Monsi^'ar...
DANIEL
Vous aviez choisi un autre appui , luie autre famille à laquelle vous ne pouviez mêler mon fils. Il ne devait pas connaître cette position, par respect pour vousmême.
FIAMMINA.
Ah! vous m'accablez sous le poids d'une implacable raison; mais les battements de mon cœur protestent. Oui, j'ai été folle, j'ai été mauvaise mère, j'avais oublié mon enfant; mais depuis que je l'ai vu, je sens que je ne puis plus vivre sans son pardon.
DAMEL
Madame...
FIAMMINA.
Quels que soient mes torts envers vous, vous n'avez pas le droit de me séparer de lui. Je veux voir mon fils, je le veux !
DANIEL, passante droite
Je ne vous empêche pas de le voir, madame. Adressez-vous à lui, il est libre de ses affeciions.
FIAMMINA, anu';emem.
Oui, mais n'a-t-il pas appris à me maudire?
DANIEL
Non, madame; j'ai voulu qu'il gardât pur le souvenir de sa mère. 11 la croyait morte, puisqu'il ne l'avait
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jamais vue. Je l'ai laissé dans colle erreur, n'osant lui dire qi'il en élail abandonné.
1! ignore encore...
DAM EL
Depuis deux jouis il sait tout, el vous pouvez loclamer de lui la tendresse qu'il vous doit.
Depuis deux jours il suit que je suis sa mère?
DANIEL
Oui, madame.
F I A M MINA, (loiiloiirouscinnil.
Alor.<, je suis perdue, il me repousse. Ainsi, hier, il savail...cttoul à l'heure encore, quand je l'iulerroqeais...
DANIEL, avrc anxiclc.
Vous l'avez vu aujourd'hui? où?
FIAMMINA.
Chez moi.
DANIEL, cle n.ètiic.
Chez vous! A-l-il vu lord Diidlcy?
FIAUMINA.
Oui; mais d'où vient vdlrc cmolion?,,..