SCÈNE PREMIÈRE
CONTRAN, LO.UISE. (ils entrent par la porte du fond.) LOUISE.
Madame la baronne a donné ordre qu'on priât monsieur le comte de vouloir bien l'attendre.
CONTRAN.
Elle est sortie?
LOUISE
Oui, monsieur, madame est de service ce matin aux Tuileries.
CONTRAN.
A quelle lieure vous a-t-elle dit qu'elle rentrerait?
LOUISE
A trois lieures au plus tard; et voici bientôt l'heure.
CONTRAN.
Veuillez dire à madame la baronne que je suis venu, et que ne pouvant rester...
SCÈ.NE II
LE MARQUIS, CONTRAN.
LE MARQUIS, diDi la coolitse.
Bun, bon, j'utlclldrai. (Louise ion par la droite.) CONTRAN, elonoé.
Lo marquis !
LE MARQllS, enlrint.
Gontran!... Ma foi! j'aurais dû m'en douter; ma nièce n'est pas chez elle, vous y êtes: toujours fidèle!...
GOMRAN.
Vous de retour, monsieur le marcjuis?
LE .MARQIIS.
Oui, grâce au ciel!... Je suis heureux de vous voir, Gontran.
CONTRAN.
ijon bonheur n'est pas moindre, monsieur le marquis.
LE MARQUIS
Non , c'est moi qui suis le plus heureux, je le soutiens, car je vous vois à Paris... Paris! (juel mot pour un éiiiiyré de !M!... Savez-vous, mon ciier Gontran, (|u'il y a tantôt viiifil-tjuatre ans que, d'année en année, de mois en mois, de jour en jour, je me disais : Demain ! et cela, mon ami, sans que demain arrivât... Je finissais par me décourager, et de giierre lasse, je me résignais tout doucement à devenir .Mleinaiid, la chose la plus terrible pour un Français. Enfin! m'y voilà, je rentre en France, je m'y implanle, j'y prends racine, et cette fois-ci, vienne qui vienne, je reste!
CONTRAN.
Ah! je comprends votre joie, monsieur le marfjuis, c'est toujours la ville avec son ruisseau de la rue du bac, mais, malgré ses ruisseaux, c'est Paris,
LK MARQUIS, ITM «Dlliouilaime.
Chii, c'est Paris!... Tout m'y semble charninni, amicnl, hospitalier; ses maisons noires wiit plus bell-.s riuodf's jialais, ses