ACTE I
rues lortucTisos me ronl l'ciïel iravonues magnifiques, lii lioue seul bon; je suis venu à yied pour mouclieler mes bas avec la crotte do ma patrie... lisant les enseignes, comme un savant les inscriptions d'un monument antique, et j'ai demandé mou ciiemin pour me faire répondre en français, cette douce langue maternelle que j'ai presque désapprise. — Touchantes niaiseries que Texil change en plaisirs divins !
CONTRAN.
On vous envierait presque le malheur de l'exil, pour ce bonheur du retour.
LE MARQUIS
Et l'on aurait raison ! Je vais à l'aventure, faisant mille découvertes... je suis dépaysé chez moi comme le Huron de M. de Voltaire; j'ignore tout de la civilisation moderne; j'en suis resté à Sa Majesté Louis XV le bien-ainié, le temps où je florissais et m'épanouissais à l'Œil-de-Bœuf... Un bon temps, mon cher! — quoi (^u'en aient dit les philosophes et les écrivailleurs.
CONTRAN.
Ehl monsieur le marquis, le meilleur temps est toujours celui dont on .a pu jouir. Et depuis quand êtes-vous arrivé?
LE MARQUIS
D'aujourd'hui même, à l'instant; aussi, vous qui êtes au courant des choses, instruisez-moi, racontez-moi les nouvelles de la cour et de la ville.
CONTRAN.
Ma foi, monsieur le marquis, vous vous adressez mal, et ce n'est pas moi qui vous renseignerai. J'arrive... presque autant que vous, et de plus loin même, sinon... d'aussi longtemps.
LE MARQUIS
On ne voit à Paris que des gens qui reviennent.
CONTRAN.
Je n'y suis que depuis hier.
LE MARQUIS
Mais vous m'avez laissé à Londres il y a deux mois, pour suivre ma nièce, qui rentrait avec Madame Royale. Vous vous êtes donc perdu en route ?
4 \.E nirroL'ii du maiie
r.ONTIlAN.
Non; mais à peine arrivé, j'ai dû partir pour rAlleinagno, où m'envoyait une mission secrète.
LE MARQUIS
Ah ! mon pauvre Contran !
GONTn\N.
Je ne sais ([ue des cancans germaniques et dos médisances d'oulre-Kliin fort insipides.
LE MARQUIS
Ne nie les dites pas! Diable ! Eli bien! je vais vous faire au moins une (piostion à hniuelle vous pourrez répondre... Comment va ma nii-re?
CONTRAN.
Je ne l'ai pas encore vue depuis mon retour, et j'ignore...
LK MARQUIS
riimineiill vous iL'ndif/.?... 'iV-lebleu ! verlubleii !... tunimc itu ili.suit lie notre tem|)S, ([ue veut dire cela?
GONTRA.N. « •
■ Puisijue...