ACTE I
Ia's yriiiiacos , c'est ma iiKnuiaii', iiioii cliorl S(i\oii> t'iaiics... il y a quelque chose.
CONTRAN.
Eh bien! oui... il y a (juelque chose...
Allons ilonc !
CONTRAN.
Et ce quelque chose, je suis bien aise de vous voir^ au lail, pour vous le dire.
LE MARQUIS
Elle est iuiidèle?... Ah! Gontran, les femmes! les femmes!
CONTRAN.
<)h! non, monsieur le marquis, elle ne l'est yas.
LE MARQUIS
Alors, c'est donc vous? Ah! Gonlran, les hommes! les honnnes! Donc, vous avez rompu vos innocentes amours?...
CONTRAN, embarrassé.
Non, mais je n'ai pu lui écrire que... rarement. Ma mission m'occupait beaucoup ; j'avais des affaires...
LE MARQUIS
Hallo-là!... mon cher, ce mot me suffit. Dès qu'un homme a des affaires, il n'est i>lus amoureux. * L'amour est comme ce
* tyran qui disait le soir à son souper : A demain les affaires
* sérieuses. Donc, vous n'aimez plus?
CONTRAN.
Eh bien, si cela était, que diriez-vous ?
• LE MARQUIS
.Je dirais que c'est tout simple, et que je vous absous en vous admirant. Soupirer si longtemps à la lune, filer le parfait amour pendant deux ans!... Vous avez filé si fin, si fin, que le fil s'est cassé, voilà tout.
CONTRAN.
Vous voulez railler !
LE MARQUIS
Moi? point du tout, je suis très-sérieux, je professe au cou-
traire ; ['amour, mon cher, c'est comme le iiriiUemps, cela vient, et puis ça passe... puis, cela revient, seulement ce n'est plus le même printemps ni le même amour. Allons, vous n'aimez plus, avouez.
CONTRAN.
Si, j'aime toujours.
LE MARQUIS
Bon... mais... une autre femme?
CONTRAN-
Eh bien ! oui. Ma nouvelle position... mes devoirs, mdbligent...
LE >I A R Q u I s .
Encore?... Lue position.!... des devoirs! \)nv\ iliable du style me parlez -vous là? Et pounpioi donner ainsi dans ce galimatias de moralité bourgeoise? Pour qui me prenez- V(ius?Jesuis d'un autre temps, mon clicr, et j'ai baisé le bout des doigts roses de madame Dubarry. Vous nous auriez bien fait rire avec ces grands mois. — L'amour fait passer le temps, disent les pendules. Le temps fait passer l'amour, répondent les pliilosdplies ! A quoi bon se mentir à soi-même et aux autres? (^)uanil j'étais jeune, on s'aimait... beaucoup, mais quand on ne s'aimait plus, on ne cherchait pas midi à quatorze heures pour se le dire.
GO>TRAN
Eh bien, vous avez raison, monsieur le marcjuis, vous m'encourage/,.., .le vais tnut V(tus dire, et vous demander un service.
LE MARQIIS.
Enfm ! .\h ! vo\is êtes dur à confesser, l'ami. Hé! hi' !
CONTRAN.
Ma gaucherie a recours .'i votre habileté. Nous autres, jeunes gen.s, qui n'avons plus rien de la galanterie élégante et fjuile de l'autre siècle, nous restons pris dans ces nœuds de faveur que vous saviez dénouer d'une main légère, r[ qui sont pour nous des niiMids gordii'Us. Je sui-s malailmit, ji; l'avoue, lA vérité balbulierait sur mes lèvre«î. (ihargi'z-vous de dire à la baronne que... de nouveaux engagements...