ACTE I
LE MARQUIS, passant à droite.
Oli! pour cela... non, mon cher ami, merci... Faites vos conunissions vous-même.
CONTRAN.
Que craignez-vous? N'êtes-vous pas notre confident?
LE MA^RQUIS.
Les messagers de malheur sont toujours mal reçus. — La helle figure que je ferais... en portant à ma nièce le hillet de faire part de votre amour défunt !
CONTRAN.
Un oncle a des privilèges.
LE MARQUIS
Charmant pri\nlége que celui que vous me réservez ! Avant d'être son oncle, je suis gentilhomme, mon cher, et la parenté n'exclut pas la galanterie. — Avec les femmes, j'ai tellement l'habitude du madrigal, que je ne saurais leqr tourner un mauvais compliment.
CONTRAN.
Vous nous eussiez épargné à tous deux une scène embarrassante... ^pénible.
LE MARQUIS
Bah! bah! la belle affaire!... « Je ne vous aime plus parce que je vous ai aimée; si je ne vous avais pas aimée, je vous aimerais... » C'est simple comme bonjour, et c'est galant.
CONTRAN.
Oui, c'est galant, mais...
LE MARQUIS
Quelle poule mouillée vous faites !...
CONTRAN.
Avouez que mon amour était une chose folle.
LE MARQUIS, s" asseyant à droite.
Folle! archi-foUe ! Seulement, où avez-vous vu que l'amour est une chose raisonnable ?
CONTRAN.
Et pourtant, cet amour, vous l'aviez encouragé vousmême.
8 LE RETOl r. I)L MAI. I
LE MVRQIIS.
Ail! im iiioim-iit, mon clier, la i>osilion élait biiMi iliiïéroiito. Vous êtes un (.liariiiant ).'ar<;oii, vous me i>laisoz, ma nièce vous aime; un divone jiuuvait la rendre libre, car, après un abandon de dix ans, son mari ne pouvait s'y refuser. Mais si l'on se marie en cinq minutes, il faut un an jninr divorcer, (^e fatras de procédure, à peine énandié, avorta par le retour de nos princes. Et vous voilà maintenant deux amoureux dans une impasse, puisque vous ne pouvez épouser la baronne de Méran, et que la baronne de Méran... ne peut être votre mai- Ircsso.
CONTRAN. ^
Vous ne sauriez croire combien il m'en (.mite de lui dire...
LK M.KRQLIS.
Ce qu'on n'ose dire, on l'écrit; le papier souffre tout.
CONTRAN.
Oui, VOUS avez raison.
Lt M.VIiyUlS.
Eh parbleu!... (it &e lève.) Ah! que je voudrais être à votre place, et avoir encore quelque clio.se à rompre! (coniran rea>oii« Tcr» le fond.) Eli bien, vous jartcz?
CONTRAN, rpïcnaol à gaiiclic
Je suis attendu tlu-z le ministre, et je ne puis rc>li'r plus longtemps... D'ailleurs, votre, présence me gênerait... et j'aime mieux ne pas revoir Jane avant (|u'('llc ail niu ma lettre.