‹ ThéâtreChapitre 98 sur 292 · ACTE I . U · texte numérisé non relu

ACTE I . U

(Irons! mais inlbrino/C-moi de ce qvii s'est passé. (lU s'ussejcni i

droite.)

LA BARONNE

Vous savez, mon oncle, que Madame Royale a daigné m'attacher à sa personne ?

Oui, oui, je sais cela... Au fait, ma chère.

LA BARONNE

Il y a quelques jours, Son Altesse me fit appeler et me parla de ma position, de mon mari; je lui répondis que, jetés loin l'un de l'autre par l'émigration un an après notre mariage, nous ne nous étions pas revus; j'ajoutai seulement qu'il était en Amérique , je lui avouai même qu'il y a eu entre nous un projet de divorce. Là, elle m'interrompit, et me dit en me prenant la main : Mon enfant, votre mari a de grands torts envers vous, je le sais... il est de retour, je l'ai vu, je lui ai parlé; ce n'est plus l'étourdi d'autrefois, c'est un homme sérieux, instruit, plein d'expérience , et capable de rendre de grands services au roi ; mais pour que sa position soit digne, il faut qu'il revienne près de sa femme, qu'il n'aurait pas dû quitter.

LE MARQUfS.

IN'est-ce que cela? Revenir avec vous? Il n'y consentira pas!...

LA BARONNE

Hélas! si, mon oncle... il y consent.

LE MARQUIS

Eh bien! refusez!... vous?

LA BARONNE

Je le' voudrais, mais Son Altesse a ajouté qu'elle me verrait avec peine repousser un accommodement qui ferait cesser cette position équivoque d'une femme séparée de son mari.

LE MARQUIS

Ah! dame! une femme sans mari est un navire sans pavillon et sans papiers de bord. — En principe. Son Altesse est dans le vrai... en sup[>osant même que votre mari soit ruiné...

LA BARONNE, ïOiipirant.

Au contraire, il est riche à millions!

LE MARUL'IS,

Ce n'est pas la peine de soupirer pour cela... Mais qu'avczvous décidf do faire?

LA BARONNE. •

Je ne puis qu'obéir.

LE MARQUIS, se levant.

Et quand revient-il dans ses foyers, ce mari prodigue i»our qui je ne tuerai pas le veau gras?

LA BARONNE, se levant «uui.

Aujonrd'Ilui in^me. Et voilà pourquoi je vous désirais tant; il faut que vous m'assistiez dans cette oiilrcvue.

LE MARQUIS

Bon, j'y serai.

LA BARONNE

Vous voyez le malheur qui me frappe.

LE MARQUIS

Bail! est-ce le premier soii^'newr (pii roiilrr tlic/. lui après dix ans d'absence? Les barons chrétiens niMi faiMaiciil pas d'aulros. — Il est vrai que celui- là ne revient pas de la croisade; mais si Sa Majesté trouve qu'il a bien servi la France coiDine cela, ne soyons pas plus royalistes (pie le roi.

LA iiahonm:.

Mais, mon oncle, vous oubliez toujours le principal obst;icle.

LE MARQUIS

Lequel ?

LA BARONNE

(Contran.

LE MARQUIS

Ail! diable! je n'y pensais plus.

LA BARONNK.

Gontran qui m'adore... il en mourra!

LE M Ml 0 I I s , ficrenn'iil .

Allons donc, un {.'cnlilhoMuiie ne meurt <|ue de la goutte ou d lin roup d'éjtéc!...

LA BARONNE

.Mon oncle, je suis sérieusement incpiièle, je ne puis plu-

Page 1