ACTE I
revoir Contran, désormais. Apprenez-lui, avec tous les luénagemeuls possibles, le coup inattendu qui a foudroyé notre
bonheur
LE MARQUIS
Oui, je m'en charge.
LA BARONNE
Consolez-le, faites qu'il évite tout éclat, toute imprudencemon mari n^a pas le droit de me demander compte du passé' mais tâchons qu'il ignore cet amour. '
LE MARQUIS
Oui; mais, après tout, les mœurs gothiques sont passées de mode. Mon neveu est intelligent, bien élevé, formé à mon école, et d'ailleurs, il est trop coupable de son côté pour ne pas être plein d'indulgence.
LA BARONNE
Tenez, mon oncle, ce malheur, je le supporterais sans faiblesse S'il ne frappait que moi, car je sais les devoirs Tjue notre nom m'impose; mais l'idée du désespoir de Contran me déchire, me brise le cœur. '
LE MARQUIS, négligemment.
Penh! vous poussez peut-être trop loin vos craintes, nia chère; qui sait si Contran..-.
LA BARONNE
Ah! mon oncle, vous le connaissez mal; vous ne savez pas comme il m'aime!
LE MARQUIS, de même.
Enfin, il supportera peut-être plus tranquillement (lue vou< ne le pensez cette séparation forcée.
LA BARONNE
Comment cela, mon oncle?
LE MARQUIS
Dam! qui sait? si Contran... Vous comprenez bien (lue ce n est qu'une supposition.
LA BARONNE
Si Contran... voyons, dites, mon oncle, achevez...
16 l.E HETOUH DL MAHI
LE MAHyi'IS.
Si Gunliiui... dans ses courses... dans ses voyaj^es... les voyageurs sont si distraits!...
LA BARO.NNE
Mon oncle !
LE MAIIQLIS.
C'est une supposition, toujours... S'il avait rencontré... (iuel(iue belle rêveuse allemande... lisant WerMcr au bord du Nekerou du Danube...
LA BARONNE
Eli bien'.... après?...
LE MAKQUIS.
Et que, séduit par ses yeux noirs... ses cheveux blouils...
LA BARONNE
lini)ossible!
LE MARQIIS.
Ou par ses cheveux noirs et ses yeux blonds... Je ne la connais pas, moi.
LA UAKO.N.M. , avec iD(|iilctiidtf.
Comment, vous ne la connaissez pas? Mon oncle, ce n'est pas une supposition que V((us faites là!