PRÉFACE
On avait dit et écrit tant de choses, à cause de ce Retour de Jérusalem, qu'au lendemain de la première représentation, plusieurs personnes m'ayant sollicité de donner mon avis, je leur répondis que f examinerais dans une préface, quand la pièce serait imprimée, les diverses objections que Von avait pris la peine de me faire. J'aurais dû dire simplement à ces personnes: — Ma pièce est fort lien jouée et, si je me suis trompé, tout ce que j'écrirai sur ce que j'ai voulu faire ne fera pas que je l'aie fait.
Pourtant, comme il ne s'agissait pas, dans cette coméàie, d'une aventure purement passionnelle, d'une histoire d'amour de tout repos (l'adultère, ainsi que l'a spirituellement formulé M. Francis Chevassu, n'est-il pas, au théâtre et à la ville, ce qui nous divise le moins? ) comme j'avais abordé, au contraire, une des questions qui, à l'heure actuelle, semblent nous diviser le plus, je pensais que des explications étaient nécessaires. Je m'imaginais avoir beaucoup de choses à dire, moi aussi. C'est pourquoi, je ne balançai pas à prendre cet engagement d'une préface.
En relisant la critique du Retour de Jérusalem, plusieurs arguments auxquels j'avais résolu de répliquer, m'apparaissent aujourd'hui sans réplique, en ce sens qu'ils tombent d'eux-mêmes et, avec le recul toujours nécessaire, me trouvent dans le plus grand calme d'esprit. J'ai peut-être attendu un