‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 2 sur 216 · VI ' PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI ' PRÉFACE

trop long temps; mais, d'un autre côté, comment répondre aux gens qui propMtisent: La pièce n'' intéressera pas le public; elle n'aura pas vingt représentations? Il faudrait être bien outrecuidant pour dire à Vavance: — Messieurs, votre erreur est grande; ma pièce aura cent représentations, peut-être davantage, puisque c'est à cela que vous jugez la valeur d'une œuvre dramatique. — Ce n'est qu'avec le temps que l'auteur peut répondre, modestement

Il est des arguments plus estimables. Avant de les discuter, j'avertis le lecteur que cette pièce est imprimée telle qu'elle fut représentée le soir de la répétition générale. J'ai conservé la scène de Judith et de Lazare qui, ce soir-là, terminait le troisième acte et fut supprimée entre la répétition générale et la première repjrésention. Plusieurs personnes Vont déploré; elles ont regretté cette scène. Elles ne l'ont pas regrettée plus que moi. Voilà qui fera sourire. Comment, pensera-t-on, n'étiez-vous pas le maître de votre œuvre? Si vous avez écrit cette scène, apparemment c'est que, dans votre pensée, elle était nécessaire à la signification, à la compréhension de votre comédie; sans doute elle développait, de la façon que vous désiriez, les caractères de Judith et de Lazare; elle concourait à l'ensemble, à l'harmonie, à l'équilibre surtout que vous aviez voulu... Ou bien était-elle si inutile que, du jour au lendemain, son inutilité vous soit h'usquement apparue?... Ou bien avez-vous cédé à d'occultes pressions?... à moins qu'une force majeure, les pouvoirs publics...

Hélas ! que tout cela est vrai. Je trouvais et je trouve encore cette scène nécessaire; les pouvoirs publics ne sont pas intervenus et, pourtant, elle a été supprimée, pour des raisons que je dirai tout à l'heure.

Quoi qu'il en soit, je présente aujourd'hui aupuMic cette pièce, telle qu'elle fut écrite. Est-ce une pièce partiale ou impartiale?

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