‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 100 sur 216 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VOWENBERG Ha! ha! Le drapeau!

AFKLER Le régiment qui passe!

VOWENBERG Les dernières cartouches!

AFKLER Le père La Victoii'e!

VOWENBERG

Ah! vous voyez, docteur Lurdau, que le militarisme compte encore chez nous quelques partisans.

L'ONCLE EMILE

Il ne s'agit pas de militarisme, il faut bien pourtant que nous ayons une armée.

AFKLER Pourquoi faire?

Mais pour nous défendre ; parce que les autres en ont une.

MOISSAC Mais personne ne songe à nous attaquer.

L'ONCLE EMILE

Ça, nous n'en savons rien. Alors, il ne faut pas être les plus faibles.

AFKLER

Vous êtes pour la paix armée?

JUDITH

Moi, je suis pour la guerre désarmée.

LURDAU

Nous poursuivons précisément ce but que les plus faibles soient protégés, en attendant que les guerres diminuent jusqu'à disparaître. Ce sera la plus grande œuvre de la civilisation.

L'ONCLE EMILE

Taisez-vous donc!... C'est au lendemain de la Conférence de la Haye, que nous avons vu une nation formidable et soi-disant civilisée, se précipiter sur un petit peuple vingt fois inférieur en nombre. Nous serons bien avancés quand pareille chose nous arrivera.

JUDITH

Et alors ? il n'y aura plus de ciel, plus de mer, plus de montagnes... il n'y aura plus de couchers de soleil, il n'y aura plus de clairs de lune... il n'y aura plus d'arbres, plus de fleurs, plus de musique, plus de parfums... il n'y aura plus de gens qui s'aimeront, plus de baisers, de caresses, d'étreintes!

n n'y aura plus d'assiettes peintes!

L'ONCLE EMILE Ah! si vous raisonnez comme ça!

JUDITH Mais l'armée, c'est la guerre.

L'ONCLE EMILE Mais non.

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