‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 101 sur 216 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JUDITH

Mais si, c'est forcé. L'homme qui a un fusil veut s'en servir. Et penser qu'à notre époque, on trouve encore des gens pour envisager la guerre comme une chose nécessaire, sainte, sacrée, c'est effrayant!

L'ONCLE EMILE Mais non, comme une chose possible.

JUDITH

Eh! bien, il y a des possibilités qu'il ne faut jamais admettre; c'est le meilleur moyen de les rendre impossibles.

VOWENBERCt

Mais, s'il surgissait un nouveau Napoléon, vous et vos pareils, vous seriez prêts à le suivre, comme un troupeau.

L'ONCLE EMILE

Pas du tout. Je trouve que Napoléon fut un homme néfaste.

VOWENBERG

Vous dites ça maintenant... Ah! docteur Lurdau, vous n'en avez pas assez dit sur la mentalité de certains Français.

L'ONCLE EMILE Que voulez-vous dire?

VOWENBERG

Je veux dire qu'il faut haïr le militarisme, et que les gens qui font leur métier d'être militaires ont un cerveau comparable à celui du Catoblépas, animal tellement stupide qu'il dévorait ses propres pieds.

MICHEL

Vous oubliez, Vo^Yenberg, que j'ai un frère qui fait précisément son métier d'être militaire.

VOWENBERG Non, non, je ne l'oublie pas, et je répète...

MICHEL, très calme.

Monsieur Vowenberg, vous ne répéterez rien du tout.,, et je vous prie de prendre la porte...

JUDITH Tu es foui

VOWENBERG C'est sérieux?

MICHEL Tout ce qu'il y a de plus sérieux.

VOWENBERG Alors, il n'est plus permis de discuter?

MICHEL

Il est permis de discuter courtoisement... Allons 1 Vous n'avez pas entendu?

Il s'avance vers lui.

Ne me touchez pas!

MICHEL Alors, allez vous-en.

VOWENBERG

C'est plaisir de venir déjeuner chez vous, vous avez une façon de comprendre Thospitalité!...

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