MICHEL, L'ONCLE EMILE
L'ONCLE EMILE
Dis-moi donc: tu ne vas pas te battre avec ce Vowenberg, j'imagine?
MICHEL
J'attendrai ses témoins. Tu n'imagines pas non plus que je lui fasse des excuses?
L'ONCLE EMILE C'est vrai. Par exemple, Judith n'est pas contente.
MICHEL
Tant pis! Aussi bien, ce qui vient d'arriver est une résultante; c'est l'éclatement d'une longue exaspération. Oui. le milieu dans lequel je vis, les choses que j'entends journellement, les gens que je suis obligé de voir, tout ça m'exaspère!
L'ONCLE EMILE
Mais pourquoi vois-tu ces gens-là?
MICHEL
Mais parce qu'ils plaisent à Judith. Elle les invite; ce sont ses amis. C'est effrayant le défilé qu'il y a ici. Et, ce qu'il y a de plus irritant, c'est la façon dont ces gens-là ont l'air de vous traiter d'imbécile, dès qu'on ne pense pas comme eux. Encore, tout à l'heure, tu as vu? Dieu sait si je trouve que la guerre est une chose atroce, abominable. Combien de discussions avons-nous eues à ce sujet avec mon frère et avec toi... Eh! bien, ce Vowenberg s'est montré tellement agressif, qu'il m'a forcé de prendre parti, presque contre moi-même.
L'ONCLE EMILE
Ah! je comprends qu'il t'ait exaspéré... Qu'est-ce qu'il fait, ce Vowenberg?
MICHEL
Rien; c'est un démolisseur.