ACTE TROISIÈME
L'ONCLE EMILE Un démolisseur?
MICHEL
Oui, ça ne veut rien dire, mais ici, c'est le plus grand éloge qu'on puisse faire de quelqu'un.
L'ONCLE EMILE Ne m'as-tu pas dit qu'il voulait faire de la politique?
MICHEL Oui, il dit déjà: « Quand je serai ministre!»
L'ONCLE EMILE Pas ministre de la Guerre, en tout cas.
MICHEL
Est-ce qu'on sait?
L'ONCLE EMILE
C'est vrai, on ne sait pas... Il ne faut pas plaisanter. C'est peut-être lui qui trouvera la formule qui nous fichera tous définitivement par terre.
Un silence.
MIOHEL
Tu savais que Suzanne allait se remarier?
L'ONCLE EMILE Oui, j'en ai entendu parler.
MICHEL Pourquoi ne me l'as-tu pas dit?
L'ONCLE EMILE, embarrassé.
Parce que... j'ai pensé que ça pourrait...
MICHEL
J'aurais toujours mieux aimé rapprendre par toi que par Vo\\'enberg. Tu sais qui elle épouse ?
L'ONCLE EMILE
Oui, c'est un Monsieur de... de... attends donc... de Paruel, je crois.
MICHEL
Connais pas. Qu'est-ce qu'il fait?
L'ONCLE EMILE
H a de grandes propriétés en Lorraine, des terres qu'il fait valoir lui-même.
MICHEL
En Lorraine ? Cela complique les choses.
Comment ça?
Dame ! Suzanne ne pourra pas emmener ses enfants là-bas.
L'ONCLE EMILE Ah! ça, c'est une question à régler.
MICHEL
Oh! elle est toute réglée. J'ai le droit de les voir deux fois par semaine, chez mes parents... je ne vais pas renoncer à les voir...
Sur ces derniers mots, Judith est entrée.
JUDITH
Ah! je vous demande pardon... je ne savais pas que vous étiez encore là, Emile.