‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 117 sur 216 · ACTE TROISIKME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIKME

c'est ail nom de cette morale que vous me désespérez, que vous m'humiliez... et vous vous vengez cruellement de mon dédain de jadis!

LAZARE

Oh! Judith! Comment une telle pensée peut-elle entrer dans votre esprit?... Comprenez-moi bien; je ne me venge pas... Devant votre douleur et votre sincérité, un tel sentiment de ma part serait bien peu généreux. 11 me faut au contraire beaucoup de courage pour vous parler comme je le fais... beaucoup de courage, croyez-moi... désormais, je ne pourrai même plus être votre ami.

JUDITH

Ne dites pas ça, Lazare, ne dites pas ça! 11 faut que vous restiez mon ami. Je ne vous parlerai plus jamais de tout cela, je vous le promets; mais restez mon ami, ou alors, vous m'abandonneriez dans une détresse effroyable... et je serais capable de tout. C'est vrai, j'ai le coeur désemparé, Pâme obscurcie... tout s'écroule autour de moi, tout s'écroule, je ne sais plus oii je vais... je ne sais plus... ne m'abandonnez pas... venez à mon secours... éclairez-moi... de vous seul, j'accepte un conseil, une direction!...

LAZARE

Ah! ma pauvre petite Judith!... C'est affreux! Quel conseil voulez-vous que je vous donne ? Vous devez rester avec Michel.

JUDITH

Je ne l'aime plus, je ne peux plus l'aimer... au nom de quelle morale encore dois-je rester avec lui?

LAZARE C'est pour vous qu'il a quitté sa femme et ses enfants

et, par là, il est votre créancier. C'est une traite qu'il a tirée moralement sur vous. Et puis, il vous tiime.

JUDITH 11 m'aime!... il m'aime (désignant le groupe de Rodin) tenez, comme riiomme qui est sur cette cheminée et qui s'accroche désespérément à cette femme.

Je le plains.

Écoutez!

Quoi donc?

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