ACTE QUATRIÈME 1S
MICHEL
Suzanne, oubliez ce que je vous ai dit tout à l'heure; vous avez raison, j'étais injuste et je n'ai pas le droit de vous empêcher d'être heureuse. Emmenez vos enfants... emmenez-les... ils vous appartiennent, et c'est de tout mon cœur et sans arrière -pensée que je vous fais ce sacrifice.
SUZANNE Je vous remercie. Michel.
MICHEL Ne me remerciez pas, c'est une dette que je paye.
SUZANNE
Oui, une dette. En venant ici, j'avais une grande foi dans votre esprit de justice et dans votre bonté. Si vous m'aviez refusé ce que je vous demandais, c'eût été une suprême désillusion. J'ai cru autrefois que je ne pourrais jamais vous pardonner; mais aujourd'hui, et pour ce que vous venez de faire. (lui tendant la main) je vous pardonne.
MICHEL Alors, vous allez être heureuse maintenant?
Je l'espère... j'aurai une vie tranquille... à la campagne... C'est la vie qui me convient. J'ai toujours eu un peu une âme de fermière, moi. Je me rends bien compte que j'étais trop simple pour vous... je ne suis pas assez, comment dirais-je? assez inquiétante; disons le mot, je ne suis pas une cérébrale.
MICHEL
Ah! Suzanne, soyez généreuse, ne m'accablez pas. V^ous savez bien que vous avez la plus belle intelliçrence : l'intelligence du cœur.
SUZANNE, souriant.
.\llons... allons... ne prononcez pas de mots irréparables. Maintenant, je m'en vais... je m'en vais... il faut que je m'en aille. D"abord, il y a quelqu'un qui vous attend. Au revoir Michel.
MICHEL
Je vous accompagne.
Il la reconduit. Quelques secondes, puis il rentre dans son cabinet avec Tré^ières.