‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 173 sur 216 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

DAMORNAY

Non, ma fille était à Salies-de-Béarn où elle prenait des bains dans de la boue.

LISTEL, bas à Madame Danglejais.

Charmante famille, bien parisienne.

ANTON lA Vraiment, je ne savais pas que votre fille fût malade.

DAMORNAY

Mais si, malheureusement, c'est à la suite de... Il continue à voix basse,

LISTEL, à Madame Danglejais.

Alors, madame, vous avez causé avec Ibsen?

MADAME DANGLEJAIS Oui, j'ai eu cette noble émotion.

Quel homme est-ce?

MADAME DANGLEJAIS

C'est un homme tout à fait supérieur.

LISTEL

Je pense bien... mais je voulais dire...

LE DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur Cher ange.

CHERANGE, venant saluer Antonia.

Bonjour, madame, votre santé est bonne?

ANTONIA

Je VOUS remercie. (Présentant.) Monsieur Cherange, monsieur Damornay; c'est monsieur qui est Fauteur d'un livre qui fait beaucoup de bruit en ce moment: c'est un Essai sur la culture des sensations malsaines, ouvrage, comme son nom rindique. de pure idéologie.

DAMORNAY

Je l'ai lu. C'est étonnant comme monsieur est jeune pour avoir écrit un livre aussi documenté.

CHERANGE

A seize ans. monsieur, Pascal avait écrit le Traité des

coniques.

DAMORNAY

En effet, monsieur, en effet, mais je veux dire que c'est un livre qui dénote de l'expérience, de la maturité, et même de la dyspepsie.

LE DOMESTIQUE, annonçant.

Madame Egreth.

MADAME EGRETH

Bonjour, madame.

ANTONIA

Bonjour, chère madame, comme il y a longtemps que je n'ai eu le plaisir de vous voir. M. Egreth va bien?

MADAME EGRETH Mais très bien, madame, je vous remercie.

ANTONIA Et votre petit bonhomme. Alfred, je crois?

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