ACTE DEUXIÈME
DAMORNAY
Non, ma fille était à Salies-de-Béarn où elle prenait des bains dans de la boue.
LISTEL, bas à Madame Danglejais.
Charmante famille, bien parisienne.
ANTON lA Vraiment, je ne savais pas que votre fille fût malade.
DAMORNAY
Mais si, malheureusement, c'est à la suite de... Il continue à voix basse,
LISTEL, à Madame Danglejais.
Alors, madame, vous avez causé avec Ibsen?
MADAME DANGLEJAIS Oui, j'ai eu cette noble émotion.
Quel homme est-ce?
MADAME DANGLEJAIS
C'est un homme tout à fait supérieur.
LISTEL
Je pense bien... mais je voulais dire...
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Monsieur Cher ange.
CHERANGE, venant saluer Antonia.
Bonjour, madame, votre santé est bonne?
ANTONIA
Je VOUS remercie. (Présentant.) Monsieur Cherange, monsieur Damornay; c'est monsieur qui est Fauteur d'un livre qui fait beaucoup de bruit en ce moment: c'est un Essai sur la culture des sensations malsaines, ouvrage, comme son nom rindique. de pure idéologie.
DAMORNAY
Je l'ai lu. C'est étonnant comme monsieur est jeune pour avoir écrit un livre aussi documenté.
CHERANGE
A seize ans. monsieur, Pascal avait écrit le Traité des
coniques.
DAMORNAY
En effet, monsieur, en effet, mais je veux dire que c'est un livre qui dénote de l'expérience, de la maturité, et même de la dyspepsie.
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Madame Egreth.
MADAME EGRETH
Bonjour, madame.
ANTONIA
Bonjour, chère madame, comme il y a longtemps que je n'ai eu le plaisir de vous voir. M. Egreth va bien?
MADAME EGRETH Mais très bien, madame, je vous remercie.
ANTONIA Et votre petit bonhomme. Alfred, je crois?