‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 174 sur 216 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADAME EGRETH Oui, Alfred; c'est un grand garçon à présent.

ANTOXIA

Quel âge a-t-il donc?

MADAME EGRETH Il a huit ans.

ANTONIA

Huit ans! C'est vrai, la dernière fois que je l'ai vu, il était encore en robe; il est toujours gentil?

MADAME EGRETH

Oh! très gentil. Il nous donne beaucoup de satisfaction, il travaille très bien.

ANTONIA Déjà! A quoi donc?

MADAME EGRETH Mais nous voudrions qu'il entrât àl'École polytechnique.

ANTONIA Vous vous y prenez de bien bonne heure.

MADAME EGRETH

On ne saurait jamais s'y prendre assez tôt: l'admission aux grandes écoles du gouvernement et à l'École polytechnique en particulier devient de jour en jour plus difficile.

ANTONIA Alors, vous voulez en faire un artilleur?

MADAME EGRETH

Oh! non, je ne crois pas qu'il aimera le métier militaire: c'est im enfant très doux, et il a plutôt des façons de petite fille.

ANTONIA Alors?

MADAME EGRETH Mais comme c'est un bûcheur et que son professeur le trouve très doué pour les mathématiques, nous espérons qu'il pourra sortir dans les tabacs.

LISTEL

Pourquoi pas?

MADAME EGRETH Nous l'espérons, mais il ne faut pas le dh-e trop haut.

ANTONIA

Vous avez raison. »

DAMORNAY

Ma chère amie, voulez-vous me présenter, je vous prie, à M«^e Egreth.

ANTONU

Mais volontiers. (A Madame Egreth.) Monsieur Damornay.

DAMORNAY

Je crois, madame, que nous sommes voisins de campagne. J'habite aux environs de Louviers, dans l'Eure, une propriété qu'on appelle la Chesneraye.

MADAME EGRETH En effet, monsieur, en effet.

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