ACTE DEUXIÈME
cyiiique. On nous accable avec les mœurs des bourgeoises et des mondaines, c'est-à-dire des affranchies, quand il faudrait au contraii'e, pour notre cause, que l'exemple vînt de celles-là, et qu'avant de reformer la société, elles se reformassent elles-mêmes.
MADAME ROLLEBOISE
Nous VOUS y aiderons de tout notre cœur, c'est une tentative intéressante.
MADAME SINNGLOTT
Oh! certainement, il y a des choses qu'il faut dire. (A Antonia.) Au revoir, madame, à bientôt.
MADAME ROLLEBOISE, à Madame Danglejais.
Au revoir, madame.
Et quand elles sont parties:
ANTONIA Croyez-vous qu'elles sont révoltées, ces petites femmes-là!
LISTEL
Et encore elles n'ont rien dit; mais lorsqu'elles parlent entre elles, leur féminisme ne connaît plus de bornes.
DAMORNAY
Leurs maris doivent être bien heureux.
Elles n'ont pas d'amants... au contraire.
DAMORNAY, se levant.
Ah! décidément, la famille s'en va! Ma belle amie, jusqu'au revoir.
ANTOXIA
A présent que vous êtes rentré à Paris, vous viendrez quelquefois me voir... Je suis chez moi tous les jours, vers ces heures-ci.
DAMORXAY
Je viendrai très bientôt.
Et quand il est parti:
ANTON I A
Il faut bien le regarder, car c'est une race qui tend à disparaître, celle des gens bien élevés.
MADAME DANGLEJAIS
D a dû être très bien.
LISTEL
C'est un type d'une autre époque: il a les jolies manières du vieil insurgé de 1871 qui s'est rangé des barricades et qui possède maintenant un château, des tableaux, des collections.
ANTONL\
Ç"a été un causeur délicieux. Je l'ai trouvé très changé, très vieiUi.
Vous savez pourquoi? Il est en ce moment avec une petite fille qui le fatigue beaucoup et dont il est fou... ce sont là des circonstances exténuantes.
ANTON lA
Comment s'appelle-t-elle?
LISTEL Fanny Louzy.