‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 30 sur 216 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE CAPITAINE C'est un type!

MADAME AUBIER

Elle supporte aisément d'être séparée de son mari.

L'ONCLE EMILE

En tout cas, elle n'a pas du tout l'air enthousiasmé d'aller le rejoindre.

MONSIEUR AUBIER

Oh! c'est une attitude. Je suis sûr qu'elle est enchantée, au contraire. Seulement, dans ce monde-là, c'est bien porté... un bon ménage comme les vôtres, mes enfants, c'est ridicule et bourgeois.

MADAME AUBIER

Eh! bien, moi, elle me fait l'effet d'une femme qui n'aime pas son mari... elle l'a peut-être aimé, mais elle ne l'aime plus. Voyons, Georges, toi qui les connais, ai-je raison ?

GEORGES

Ce sont deux êtres qui n'étaient pas du tout faits pour vivre ensemble... Henriette n'aime que les livres; Gaston, lui, n'aime que la chasse et les chevaux.

LE CAPITAINE

Alors, sa femme s'ennuie.

L'ONCLE EMILE

Son affaire est claire à ton ami Gaston. La Cérébrale et le Sportsmayi, fable.

MONSIEUR AUBIER

Mais pourquoi l'a-t-elle épousé?

GEORGES

On ne sait pas... C'est un mariage qui s'est fait d'une si drôle de façon.

MONSIEUR AUBIER

Est-ce que tu ne nous a pas raconté qu'ils s'étaient connus au Quartier-Latin?

GEORGES Mais non, père... Au Quartier-Latin!

ANDRÉE Pourquoi pas à Bullier, papa?

MONSIEUR AUBIER

Enfin, il y a une histoire de Collège de France de Sorbonne...

ANDRÉE Tu n'es pas fixé.

MADAME AUBIER Ton père embrouille tout... il confond tout.

L'ONCLE EMILE

Mais Madame de Chouzé n'est-elle pas une demoiselle Fuchsyani ?

GEORGES

Oui, c'est la fille du banquier. Les Fuchsyani avaient leur hôtel avenue de l'Aima, en face de l'hôtel des Chouzé. Judith, c'était son nom quand elle était jeune fille, allait tous les matins au lycée Racine... elle avait des idées bizarres... Elle rêvait le professorat... elle voulait gagner

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