JUDITH ANDRÉE
JUDITH
ANDRÉE
JUDITH
Ah! oui! d'ailleurs vous allez le voir et, tenez, justement le voici.
En effet, sur ces derniers mots, Michel est entré.
ANDRÉE
Bonjour, mon grand frère.
MICHEL
Bonjour, ma petite sœur.
Ils s'embrassent tendrement.
ANDRÉE Ah! je suis contente de te voir.
MICHEL Moi aussi... je suis très content.
ANDRÉE Tu nous en as donné, des émotions.
MICHEL
Je pense bien. Enfin, tu t'es montrée très gentille dans ces circonstances.
ANDRÉE
Tu plaisantes; tu es mon frère d'abord, et puis je t'aime beaucoup... Alors, j'ai pris ton parti carrément. Je ne suis pas vieux jeu, moi. Ah! mais non... mon oncle Emile et moi. nous t'avons donné raison.
MICHEL Vraiment?... J'aurais cru pourtant que mon oncle...
ANDRÉE
Lui! Il est enchanté, il trouve tout ça très bien. C'était à prévoir qu'il t'approuverait: c'est. un toqué.
MICHEL, souriant.
Évidemment.
ANDRÉE
Non, mais tu comprends bien ce que je veux dire, tu sais comme il est exalté, romanesque... Enfin c'est l'homme qui, à Grenade, a failli se tuer pour une gitana. Ollé! OUé!... Alors, votre roman l'a beaucoup séduit.
JUDITH C'est un être délicieux! Enfin, l'oncle Emile est un allié.
ANDRÉE Oui, plutôt, mais c'est le seul.
MICHEL Mon frère?
ANDRÉE
Oh! le capitaine... il n'y va pas par quatre chemins... il te juge sévèrement... pour lui, le devoir passe avant tout, et que tu aies quitté ta femme, il considère ça comme une désertion, c'est son mot.
JUDITH
On voit bien qu'il n'est pas marié... et puis, l'opinion d'un militaire, ça ne compte pas.
MICHEL Et nos parents?
ANDRÉE
Oh! maman, cette pauvre femme, tout ça l'a rendue malade; elle est retombée dans une de ses crises hépatiques. L'oncle Emile dit qu'elle voit la vie en ce moment avec les yeux du foie. Alors, tu te rends compte de ce que ça peut donner. Papa, lui, il ne chasse plus, c'est tout dire.
Pauvres gens!
ANDRÉE
Ilest évident qu'à leur âge, ça complique leur existence... Ils prétendent qu'ils ne te pardonneront jamais, mais ça. ils n'en savent rien.
JUDITH Tout s'arrangera.
ANDRÉE
Seulement, pour le moment, dame, pour le moment...
MICHEL, assombri.
Oui... oui...
Un silence.
JUDITH
Et votre mari?
ANDRÉE
Oh! Georges, il est bien embarrassé: c'est le beau-frère de Michel pour qui il a une grande affection et, d'un autre côté, il est aussi l'ami de votre mari... de sorte qu'il est très embarrassé. Il veut rester neutre.
JUDITH
C'est une excellente position... il faut qu'il la garde. Vous lui avez dit que vous veniez nous voir?
ANDRÉE
Certainement.
JUDITH Il ne vous a pas fait d'observations?
Il ne manquerait plus que ça. D'ailleurs, à la suite de