ACTE DEUXIÈME
ces événements, j'ai eu avec Georges des conversations extraordinaires.
JUDITH Ah! oui?
ANDRÉE
Je vous raconterai ça.
JUDITH
Vous voudriez peut-être vous asseoir. Tenez.
Elle désigne un fauteuil, près d'une petite table et sur lequel le tapissier a posé des étoffes. Michel enlève les étoffes qu'il dépose sur le piano.
ANDRÉE
Mais c'est étonnant comme votre aventure a déjà eu des répercussions dans notre entourage immédiat.
JUDITH, s'asseyant sur la petite table.
Pas possible? Comment ça?
ANDRÉE
Oui, des ménages qui paraissaient parfaitement unis se sont subitement disloqués... jusqu'à la petite Madame Chartrette qui est partie avec un peintre.
JUDITH
Qui faisait son portrait; c'est toujours comme ça que ça arrive.
Non, qui faisait le portrait de son mari... elle n'a même pas eu la patience d'attendre qu'il fasse le sien.
JUDITH C'est tout ce qu'il y a de plus drôle!
ANDRÉE
Oui. ma chère. Madame Chartrette. Qui l'eût cru?
JUDITH
On lui aurait donné le pot au feu sans confession. Tu vois, Michel, on nous imite, nous faisons école.
MICHEL Oui.
ANDRÉE
Mais parlons un peu de vous ; vous devez en avoir des choses à me raconter. D'abord. Henriette, vous avez changé votre coiffure,
JUDITH
Rien n'est plus exact.
ANDRÉE
Vous êtes coiffée comme quand vous étiez jeune fille.
JUDITH Vous trouvez que ça ne me va pas?
ANDRÉE
Je trouve que ça vous va très bien... seulement, ça vous donne Tair... comment dirais-je? l'air moins... ou, plutôt, l'air plus...
L'air plu? juif... est-ce ça que vous voulez dire?
ANDRÉE Hé! bien, oui...
JUDITH C'est ce que je veux.