ACTE DEUXIÈME
JUDITH
Oh! ça...
MICHEL
Non, par aucun intérêt... alors, je me demande...
JUDITH
Tu te demandes quoi?
MICHEL
Je me demande de quel côté est la plus grande part de vérité ou la moindre somme d'erreur...
LAZARE Il n'y a qu'une vérité!
MICHEL
Tout un siècle de philosophie et de critique nous a enseigné que, dans le relatif, il y en avait deux et, dans l'absolu, il y en a sans doute une troisième qui échappe à
notre connaissance.
LAZARE
Mon cher Monsieur Aubier, je suis étonné, je l'avoue, de votre refus ; mais je me l'explique parfaitement. Il y a parfois, dans la vie de certains hommes comme vous, des moments de doute et d'inquiétude. Ils ne voient plus clair en eux-mêmes ; mais ces hommes-là peuvent se reprendre. Je ne considère donc pas votre refus comme définitif... et je compte sur vous, ma chère Judith, pour le décider.
JUDITH, avec assurance.
Soyez tranquille, je m'en charge. Il signera, il le faut.
Je vous dis au revoir... je reviendrai.
JUDITH
Xous ne serons pas installés avant une quinzaine et nous ne reœ^Trons guère avant un mois ; mais vous ne nous dérangerez jamais.
LAZARE
Je profiterai de la permission. Au revoii', cher Monsieur, je suis enchanté de vous avoir connu.
Il sort, accompagné de Judith. Michel examine la liste que lui a remise Lazare. Judith rentre.