ACTE TROISIÈME Ho
JUDITH Apparemment parce qu'on me l'a dit.
ANDRÉE Qui vous l'a dit?
JUDITH
Ah! voilà. On vous a vus ensemble, l'autre jour, au Palace.
ANDRÉE
Oui, en effet, nous avons pris du thé. Ça ne m'étonne pas, il y avait là un tas de mauvaises langues qui étaient assises et qui me regardaient en ouvrant des yeux!
JUDITH
Eh! bien, je l'ai appris le jour même, une heure après... une de ces mauvaises langues, qui étaient assises, s'est levée et est accourue me le dire.
ANDRÉE
Je parie que c'est cette rosse de Vowenberg ; il était là. Et puis, zut! Ça m'est bien égal, après tout... cette fois-ci, ma petite Judith, je crois que je suis partie pour la grande passion.
JUDITH
C'est la grâce que je vous souhaite.
cemment encore, jugeait nos écrivains avec une sévérité peu nuancée,
M. Max Nordau ne souffre pas qu'on trace de lui une silhouette.
même légère. Ah! M, Max Nordau a beau s'être installé parmi nous:
d'habiter Paris, cela ne l'a pas rendu parisien et, dans ses journaux
allemands, il a répondu à quelques grains de poivre par de longs
chapelets de saucisses.
ANDREE
Par exemple, ça ne va pas être facile de rompre avec r autre.
Ah! avec le prédécesseur... ça ii"est donc pas fait?
ANDRÉE Non... et il menace de se cramponner.
JUDITH
Je comprends ça... mais vous avez un excellent moyen de vous en débarrasser. Vous n'avez c^u'à lui dire: «Mon mari sait tout!»
ANDRÉE Ça ne prendrait pas.
JUDITH Pourquoi ?
ANDRÉE
Parce que j"ai eu Timprudence de lui raconter notre convention avec Georges... vous savez ce que c'est... dans les commencements, il y a des moments où l'on dit tout.
JUDITH
Vous êtes impardonnable, Andrée. Comment! vous vous réservez une porte de sortie et vous lui en donnez la cltf ! Mon amie Rachel, vous savez, ma petite amie Rachel Pfefferkorn. dont je vous parle souvent, elle a fait la même convention avec son mari; seulement, elle ne l'a jamais confié à ses amants.
ANDRÉE Oui, je sais bien. Que voulez-vous ?
Cependant on a apporté le calé.