‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 91 sur 216 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

chose d'admirable; ce sont des portraits de femmes, une série de douze eaux-fortes de William Dorth qu'il vient de m'envoyer. Vous connaissez William Dorth?

LURDAU

Non.

JUDITH

Comment! vous ne connaissez pas William Dorth? C'est le plus grand peintre de l'Angleterre. (Elle amène le Docteur, Pauline et Andrée auprès d'un grand carton, posé sur une petite table. En passant près du groupe des hommes, elle leur dit:)

Venez donc voir de belles choses, au lieu de dire sans doute des bêtises.

Moissac, Vowenberg, Afkler se groupent autour du carton. Michel et Trévières ne les suivent pas.

TRÉVIÈRES Monsieur Aubier, j'ai un service à vous demander.

MICHEL De quoi s'agit-il, mon petit Trévières ?

TRÉVIÈRES Vous connaissez Sagelier?

MICHEL Oui. '

Vous savez qu'il fait partie de la nouvelle combinaison ministérielle ?

MICHEL Oui. oui. je sais, et alors?

TRÉYIÈRES

Alors, s'il est nommé, et il le sera, je désirerais être attaché à son cabinet. En quels termes êtes-vous avec lui?

MICHEL En très bons termes.

TRÉVIÈRES Vous le voyez toujours ?

MICHEL Je le vois assez souvent.

TRÉVIÈRES Votre recommandation auprès de lui serait très efficace.

MICHEL

Dame, je pense. J'étais au lycée avec lui, nous étions étudiants ensemble, nous sommes demeurés amis. H y a entre nous des souvenirs certainement plus forts que nos divergences politiques.

TRÉVIÈRES Alors, vous voudrez bien lui parler?

MICHEL

Comptez sur moi. ]\Iais pourquoi voulez-vous être attaché au cabinet de Sagelier?

TRÉVIÈRES Je vais vous expliquer. J'ai vingt-cinq ans...

Et vous ne voulez pas mourir encore.

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