ACTE TROISIÈME
JUDITH
Vous faites tout ce qu'il faut pour ça... Encore tout à l'heure, vous lui annoncez que sa femme va se remarier.
VOWENBERG
Qu'est-ce que ça peut lui faire, puisqu'il l'a quittée?
JUDITH Tout de même, c'était une gaffe.
VOWENBERG
Vous croyez?
JUDITH
J'en suis sûre et vous aussi... C'est la pire de toutes les gaffes... la gaffe volontaire.
VOWENBERG
Eh! bien, oui, je l'ai fait exprès... je suis dans un de mes bons jours. Je me sens taquin, agressif à souhait, bien en forme.,. Je me découvre comme l'ubermenschlieh, plein d'une joyeuse méchanceté.
PAULINE, survenant.
Judith, venez donc nous donner un renseignement.
Ils remontent auprès du docteur Lurdau qui est en train d'examiner une sorte de casque.
LURDAU
J'étais en train d'examiner cet objet. Puis-je vous demander à quoi il sert?
JUDITH C'est un casque de téléphone.
LURDAU
Un casque de téléphone? C'est épatant! très original. Vous mettez réellement ça sur votre tête ?
JUDITH
Mais oui, quand je veux entendre l'Opéra ou l'Opéra- Comique, j'adapte les récepteurs dans ces plaques, parce que c'est fatigant de les tenir comme ça. (Elle fait le geste d'une personne qui écoute dans le téléphone.; Je m'installe dans un fauteuil et j'écoute.
LURDAU Épatant!
JUDITH
Je m'en suis servie iiier pour la première fois; j'ai entendu Peîléas et Mélisande. C'était un ravissement.
LURDAU
Je vous prie de le mettre sur votre tête.
Voilà!
Elle met le casque sur sa tête et s'assied sur un haut fauteuil en bois sculpté.
PAULINE
Ça vous va tout à fait bien... vous avez Pair d'un Gustave
Moreau... n'est-ce pas, Xarcisse?
AFKLER Oui... la Princesse au Téléphone.
ANDRÉE
C'est comme ça que vous devriez faire faire votre portrait. Judith.