‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 117 sur 203 · M.'D-LEINE · texte numérisé non relu

M.'D-LEINE

Ce n'est pas boa !

MOLIÈRE

Un homme à quarante ans n'est pas encor barbon.

MADELEINE

Non, mais quelque blondin ferait mieux son affaire.

MOLIÈRE

Elle m'a dit tantôt justement le contraire!

Qu'elle ne pouvait pas souffrir les jeunes gens!

MOLIÈRE

Oui, comment savez- vous?

MADELEINE

Aux plus intelligents On a toujours conté des lanternes pareilles, Qu'ils écoutaient, ravis, de toutes leurs oreilles. N'empêche qu'un tendron frotte mieux son museau A la barbe de chat de quelque jouvenceau. Croyez-moi, la jeunesse attire la jeunesse, C'est l'éternelle loi. Faites donc une pièce Là-dessus, nous verrons.

MOLIÈRE

J'y ai déjà songé, Sans attendre que vous m'en donniez le congé; Et j'envisage, moi, cette union sans crainte. Armande, vous pensez bien, n'agit pas contrainte Ni forcée : elle suit son inclination; Rien n'a pesé sur sa détermination; Je n'ai pas employé de manœuvre traîtresse, De toute sa personne elle reste maîtresse; Alors, je ne vois pas ce qui l'obligerait A n'être pas sincère, et dans quel intérêt Elle m'a demandé d'être bientôt ma femme.

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