ACTE DEUXIÈME
ARM AN DE
Cette fête m' alarme!
Bile écarte des branches pour voir le spectacle et revient en chantant :
J'ai pour galant Le plus grand roi du monde; Constant depuis trois ans Malgré la bru et la belle-mère.
Je suis La Vallière, moi Je suis La Vallière.
Tous répètent : t Ja suis La Vallière. »
LE CHEVALIER chante.
Vallière, que dira-t-on De notre badinage?
Il faut laisser les gens parler
Et toujours persévérer.
Courage! Courage! Courage! (-)
Tous répètent eu riant : € Courage I > ARM AN DE.
Chevalier, savez-vous les nouvelles chansons Qu'on a faites sur la comtesse de Soissons? Elle est du dernier bien avec le beau de Yardes.
LA Dl' PARC.
Cela dure toujours?
LA RÉ J ART
Mais sont-elles bavardes!
ARMAND E
Allons vite, Monsieur, dites-nous ces chansons.
Et comme on entent les violons de Lulli commencer de jouer une chaconne.
Écoutez... c'est chaconne : ô fortune, dansons!
LE CHEVALIER
Ainsi que feux follets dansons au clair de lune;
Pour la chaconne, il faut à chacun sa chacune.
vi. 20
LE MARQUIS, à Armande.
De danser avec vous je brigue la faveur...
LE CHEVALIER, à la Béjart.
Vous me voyez aussi briguant avec ferveur...
LA DE BRIE, à la Du Parc.
Et puisque sans chacun nous restons deux chacunes, On voudrait nous humilier. „
LA DU PARC
Mêlons, mêlons nos infortunes, Je serai votre cavalier,
Us dansent. Armando avec le marquis, la Béjart avec le chevalier, la Do Brie avec la Du Parc.
LE CHEVALIER, à la Béjart, tout en dansant.
Je réclame votre indulgence Et vous devez guider mes pas; Mais j'ai beaucoup d'intelligence.
LA BÉJART
Chevalier, je n'en doute pas.
Pour commencer ce n'est pas difficile,
Et vous n'avez qu'à faire comme moi.
LE CHEVALIER
Je vais tâcher à me montrer docile.
LA BEJART, lui comptant la mesure.
Un, deux, trois; un, deux, trois.
LE MARQUIS, à Armande.
Vous avez à danser une grâce divine,
Vous possédez tous les talents.
LA DU PARC, à la De Brie.
Ma chère, rien qu'à voir notre Armande, on devine Qu'il lui tient des propos galants.
LA BÉJART, au chevalier.
Vous vous calomniez.