SCÈNE II LE CHEVALIER, LA BÉJART
LE CHEVALIER, h la Béjart qui s'est assise sur un banc.
Vous ne les suivez pas et demeurez en place, Madame?
LA EÉJART.
Excusez-moi, je me sens un peu lasse.
LE CHEVALIER
J'en veux donc profiter pour vous faire ma cour, Et pour vous déclarer, enfin 1 tout mon amour.
LA BÉJART
Enfin? Mais, chevalier, bien prompte est votre flamme, Et nous nous connaissons depuis fort peu.
LE CHEVALIER, avec emphase.
Madame, Le temps n'y fait de rien. Sitôt que je vous vi9, Par un éclat si grand mes yeux furent ravis. De la sœur d'Apollon n'êtes-vous pas l'image?
LA BÉJART
Comment?
LE CHEVALIER, développant.
Lorsque Phœbé sort de'quelque nuage Qui nous la dérobait et dedans le ciel luit, Voilà qu'en un instant elle éclaire la nuit! De même, astre charmant, vous n'eûtes qu'à paraître, Et la lumière fut dans la nuit de mon être.
Il s'arrête el, s'excusant presque :
Je voudrais m' exprimer avec plus d'ornement...