ACTE DEUXIÈME
LA BÉJART
Pourquoi? J'aime qu'on parle ainsi tout bonnement.
Un silence.
LE CHEVALIER, avec un mouvement du têlt; du colé du château.
Dans ce château, Madame, êtes-vous bien logée? J'en suis fort inquiet.
LA BÉJART
Je vous suis obligée; J'habite 60us les toits.
LE CHEVALIER
Au galetas?
LA BÉJART
Au fond D'un triste corridor... c'est très bas de plafond: Ma chambre, en sa longueur, compte à peine deux toises, En revanche, je vois du ciel et des ardoises.
Moi, je n'ai pas de chambre et c'est pour enrager,
Je ne sais pas encore où, cette nuit, loger.
Sans mentir, c'est l'envers de ces splendides fêtes,
Et ces bicoques-là n'ont jamais été faites
Pour loger tant de gens. Certains réduits fort noirs,
Des petits endroits à mettre des arrosoirs
Et des râteaux, voilà ce qu'on vous offre en guise
D'appartements. On m'a dit que Messieurs de Guise
Et d'Elbeuf sont outrés. Enfin, je dormirai
Dans quelque vestibule, ou sur quelque degré (,3).
LA BÉJART
Vous serez mal.
LE CHEVALIER, brûlant avec précaution ses vaisseaux.
A moins, si mon malheur vous touche, Que vous ne partagiez... avec moi... votre couche.
LA BÉJART
Cette fois vous parlez avec simplicité.
LE CHEVALIER
Ah! Madame, donnez -moi l'hospitalité.
Je brûle près de vous d'une ardeur sans seconde; Vous êtes à mes yeux la plus belle du monde, Et vous devez verser les plus ardents plaisirs. J'ai senti l'aiguillon terrible des désirs...
LA BEJART, se levant avec une frayeur comique.
Holà!
LE CHEVALIER
... lorsque tantôt vous m'êtes apparue.
Enfin, pour contempler Diane toute nue, Je suis prêt à subir les destins d'Actéon, Lorsqu'elle fut par lui surprise au bain, dit on. Mais qu'y répondez-vous, adorable déesse?
LA BÉJART
Que l'on doit pardonner beaucoup à la jeunesse.
Cependant, les autres sont revenus.
LE MARQUIS, à la Du Parc et à la De Brie.
Vous partez?
LA DU PARC
Il nous faut rejoindre nos époux, Ils doivent sûrement être inquiets de nous.
LA BÉJART
Pour moi, je veux rentrer, la brise devient fraîche.
LE CHEVALIER, lui donnant la main.
Par ici, nous allons trouver quelque calèche Qui nous mène au château.
La Béjart, la Du Parc, la De Brio, le chevalier, sont partis, Armande veut les suivre, le marquis lui barre le chemin.