‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 129 sur 203 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LA BÉJART

Pourquoi? J'aime qu'on parle ainsi tout bonnement.

Un silence.

LE CHEVALIER, avec un mouvement du têlt; du colé du château.

Dans ce château, Madame, êtes-vous bien logée? J'en suis fort inquiet.

LA BÉJART

Je vous suis obligée; J'habite 60us les toits.

LE CHEVALIER

Au galetas?

LA BÉJART

Au fond D'un triste corridor... c'est très bas de plafond: Ma chambre, en sa longueur, compte à peine deux toises, En revanche, je vois du ciel et des ardoises.

Moi, je n'ai pas de chambre et c'est pour enrager,

Je ne sais pas encore où, cette nuit, loger.

Sans mentir, c'est l'envers de ces splendides fêtes,

Et ces bicoques-là n'ont jamais été faites

Pour loger tant de gens. Certains réduits fort noirs,

Des petits endroits à mettre des arrosoirs

Et des râteaux, voilà ce qu'on vous offre en guise

D'appartements. On m'a dit que Messieurs de Guise

Et d'Elbeuf sont outrés. Enfin, je dormirai

Dans quelque vestibule, ou sur quelque degré (,3).

LA BÉJART

Vous serez mal.

LE CHEVALIER, brûlant avec précaution ses vaisseaux.

A moins, si mon malheur vous touche, Que vous ne partagiez... avec moi... votre couche.

LA BÉJART

Cette fois vous parlez avec simplicité.

LE CHEVALIER

Ah! Madame, donnez -moi l'hospitalité.

Je brûle près de vous d'une ardeur sans seconde; Vous êtes à mes yeux la plus belle du monde, Et vous devez verser les plus ardents plaisirs. J'ai senti l'aiguillon terrible des désirs...

LA BEJART, se levant avec une frayeur comique.

Holà!

LE CHEVALIER

... lorsque tantôt vous m'êtes apparue.

Enfin, pour contempler Diane toute nue, Je suis prêt à subir les destins d'Actéon, Lorsqu'elle fut par lui surprise au bain, dit on. Mais qu'y répondez-vous, adorable déesse?

LA BÉJART

Que l'on doit pardonner beaucoup à la jeunesse.

Cependant, les autres sont revenus.

LE MARQUIS, à la Du Parc et à la De Brie.

Vous partez?

LA DU PARC

Il nous faut rejoindre nos époux, Ils doivent sûrement être inquiets de nous.

LA BÉJART

Pour moi, je veux rentrer, la brise devient fraîche.

LE CHEVALIER, lui donnant la main.

Par ici, nous allons trouver quelque calèche Qui nous mène au château.

La Béjart, la Du Parc, la De Brio, le chevalier, sont partis, Armande veut les suivre, le marquis lui barre le chemin.

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