‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 14 sur 203 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

NADIA

Pas du tout... je ne veux pas non plus me coucher trop tard... c'est vrai, on dîne en ville tous les jours... on est exténué... Au revoir, Xelly.

Elle dit au revoir aux personnes présentes. Xelly la reconduit j ii?qn".'i la moitié du salon, et revient près du groupe.

MADAME LATRILLE.

Comme elle a maigri, cetto petite Mme Meynard !

MADAME FALCONNET

Elle suit les cours de l'institut Mourgueil.

GINETTE

Le docteur lui donne même des leçons particulières.

Des répétitions.

GINETTE

Je l'espère.

MADAME LATRILLE.

Sont-elles mauvaises langues!

MADAME FALCONNET

Oh ! puisqu'ils vont se marier.

MADAME LATRILLE.

'Ce sera, je crois, son cinquième mari?

GINETTE

Non, son quatrième seulement.

NELLY

On divorce si facilement, maintenant : elle aurait bien tort de se gêner... elle a des maris comme d'autres ont des amants... ça lui évite même la peine de mentir... Quand elle a assez d'un homme et qu'elle a envie d'un autre, elle plaque le premier et elle se marie avec le second.

GINETTE

Ce n'est pas vous, Le Hazay, qui avez dit qu'elle prenait la mairie pour une maison de passe?

LE HAZAY.

Non, mais je le regrette, parce que c'est très drôle.

Il parait qu'il est très aimé, ce Mourgueil.

SANDRAL.

Il est parti, le docteur?... avec Nadia, sans doute.

NELLY

On ne peut rien te cacher.

SANDRAL.

Tu n'installes pas un bridge? Madame Latrille jouerait peut-être...

MADAME LATRILLE.

Volontiers.

NELLY

VOUS jouez, VOUS, Le Hazay... (A Madame Falconnet.)

et vous, Marie, vous vous dévouez?

MADAME FALCONNET

Si vous voulez.

NELLY

Alors, avec moi, ça fait quatre... (a Madame Latiiiie.) Je vais faire installer une table, là... Voulez-vous qu'on ferme la fenêtre?

MADAME LATRILLE.

Oui, il commence à faire un peu frais.

ACTK PREMIER

ÎS'ELLY, a un domestique.

Fermez cette fenêtre et préparez une table de bridge.

Nellj et Le Haïay sont venus près de la fenêtre, au premier plan. Pendant qu'on prépare le bridge, des petits groupes se forment, on entend des conversations comme celles-ci :

ADRIENNE, à Jacques Latrille qui revient du fumoir.

Ali ! ce n'est pas dommage, enfin, on peut vous

avoir.

Et vous?

Insolent !

JACQUES LATRILLE.

ADRIENNE

JACQUES LATRILLE.

Ah! depuis le temps que je vous l'ai demandé, si vous aviez voulu.

ADRIENNE

Eh bien?...

JACQUES LATRILLE.

Ce serait déjà fini... Mais, ce soir, charmante Adrienne, je veux vous faire la cour.

ADRIENNE

Quelle drôle d'idée!

JACQUES LATRILLE, désignant Robert.

Oui, pour ennuyer ce jeune homme qui, certainement, vous aime déjà plus que sa vie.

Oh! le pauvre petit!

Dans un autre coin du salon.

HOURRUN, a (iinette.

Ecoutez donc, Ginette, pendant que nous étions par là, votre mari a bu toute la bouteille de fine Champagne.

GINETTE

Toute la bouteille!

HOUBRUN.

Au moins les trois quarts.

GINETTE

Ah ! mon Dieu !

HOUBRUN.

Oui, ah ! mon Dieu ! Ça ne m' étonnerait pas qu'il ait une crise, il vaudrait mieux qu'il l'ait à la maison. Alors, je te préviens : si tu pouvais l'emmener avant, ce serait plus prudent.

GINETTE

Je vais tâcher, mais s'il n'a pas dans l'idée de s'en aller... En tout cas, ne reste pas auprès de moi, tu sais comme il est jaloux dans ces moments-là.

Tu as raison.

GINETTE

Il a été silencieux pendant tout le dîner, c'est toujours mauvais signe.

Elle va rejoindre Fargis, son mari; on la voit qui lui parle, tandis qu'il a l'air de l'envoyer promener.

LE HAZAY.

Croyez-vous qu'il fait beau, tout de même! Quelle soirée merveilleuse! Mon frère aura demain matin un temps admirable.

NELLY

Pour?

LE HAZAY.

Il fait ses essais avec son aéroplane pour la coupe Marsbury, il doit emmener un passager à son bord... et même il m'a proposé de m'emmener.

Page 1