ACTE PREMIER
NELLY
Vous n'avez pas accepté, j'imagine?
LE HAZAY.
C'est bien tentant... Il parait que c'est une sensation merveilleuse.
NELLY
Vous vous en priverez... rien n'est plus dangereux.
Mais non, je vous assure...
NELLY
M lis si... on ne sait jamais comment on descend de ces machines-là... si une hélice se casse.
LE HAZAY.
Nous ne tomberons jamais que de vingt mètres, nous ne dépasserons pas cette hauteur...
NELLY
Oui... Eh bien, non, vous n'accompagnerez pas votre frère.
LE HAZAY.
Écoutez, ma petite Nelly.
NELLY
Il n'y a pas de ma petite Nelly... Je vous le défends absolument... D'abord, ce n'est pas bien ce que vous faites là.
LE HAZAY.
Comment ça?
NELLY
Vous venez me parler d'une chose pareille, ce soir, pour demain matin, quand j'ai quinze personnes dans ce salon et que je ne peux pas pleurer; vous ne me
direz pas que votre frère vous a proposé ça tout à l'heure, avant le dîner.
Mais si... vous savez bien le temps qu'il faisait tous ces jours-ci... il ne pouvait pas être question de faire ces essais... Le temps se met au beau tout à coup... alors, il m'a envoyé une dépêche...
NELLY
Ah! je vais en passer une nuit et une matinée... Encore, si j'étais avec vous...
LE HAZAY.
On ne peut pas tenir trois, c'est impossible.
NELLY
Alors, tu n'iras pas... si tu m'aimes, tu vas me jurer que tu ne monteras pas dans cette machine...
LE HAZAY.
Faites attention! Ne parlez pas si haut... Vous vous exagérez le danger... il n'y en a pas.
NELLY
Oh! avec ça... et puis, quand'même, vous connaissez mon imagination... je suis bouleversée... c'est absurde...
LE HAZAY.
Mais c'est bien, c'est bien, je ne monterai pas dans cette machine, comme vous dites.
NELLY
Écoutez, vous pouvez bien me faire ce sacrifice.
LE HAZAY.
Ah! mon Dieu, les femmes!