‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 148 sur 203 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MOLIÈRE, MADELEINE. MAUVILLAIN (3J)

C'est après ilincr; Molière, qui vient d'être fort malade, cause avec ion médecin, M. de Mativillain. Madeleine est auprès de lui.

MOLIERE, dans un fauteuil, auprès de la cheminée.

Puisque je suis guéri, je pourrais, je suppose...

MAUVILLAIN.

Vous allez beaucoup mieux, ce n'est pas même chose.

Il vous faut prendre encor maintes précautions :

Recommencer demain les répétitions

Serait, croyez-le bien, d'une imprudence telle

Que je n'hésite pas à la dire mortelle.

Ah ! j e suis obligé de vous parler ainsi.

MOLIÈRE

Alors, combien de temps vais-je rester ici?

MAUVILLAIN.

Vous en avez au moins pour toute la semaine... Et puis l'autre.

Songez donc où cela nous mène?

Je ne puis pas... j'ai là douze comédiens Qui chôment et qui n'en ont guère les moyens.

MADELEINE

On a cessé depuis le vingt-sept de décembre! (3i)

MAUVILLAIN.

Je sais bien.

MADELEINE

S'il lui faut encor garder la ehambre Deux semaines... pensez quelle interruption!

MAUVILLAIN.

Aimez- vous mieux qu'il prenne une autre fluxion Sur la poitrine? La rechute serait grave : Atropos par deux fois ne veut pas qu'on la brave. Je ne suis pourtant pas un médecin Tant-pis; Mais les accôs de toux 6ont à peine assoupis.

MOLIÈRE

Hélas! la toux m'oppresse et Mauvillain m'opprime.

MAUVILLAIN.

Il vous faudra pendant très longtemps un régime De vivre très exact.

Sur ces derniers mois, la servante Catherine est entrée avec une tasse à la main.

CATHERINE

Monsieur, c'est votre lait.

Au diable !

CATHERINE

Vous devez le boire, s'il vous plaît.

Molière fait signe que non.

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