‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 159 sur 203 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MOLIERE, perdant patienc».

Cela n'a rien à voir avec ses qualités

De comédienne. Or, elles sont éclatantes,

Tant pis pour celles qui s'en montrent peu contentes;

Et, lorsque vous venez ainsi les contester,

Contre votre injustice il me faut protester.

Elle a tout : charme, esprit, grâce, fraîcheur, jeunesse;

La pure bonne foi veut qu'on le reconnaisse,

Et, surtout, une voix qui vous fait frissonner.

Voyons, il n'y a pas là contre à raisonner.

Parbleu! je le sais bien qu'elle n'est pas fidèle.

MADEMOISELLE DE BRIE

Eh bien, moi, je ne veux plus jouer auprès d'elle,

Malgré son grand talent et tant de qualités,

Les rôles de vinaigre et les utilités.

Et vous pourrez venir faire le bon apôtre,

Pour ce que vous savez, cherchez-en donc une autre.

Elle a remis sa cape, pris son manchon. MOLIÈRE.

Des rôles, toutes, vous ne pensez qu'à cela, Toutes. Ah! les aurai-je entendus, ces mots-là: « Mon rôle, ton rôle, elle a le plus joli rôle! »

Il tousse.

MADEMOISELLE DE BRIE

Vous vous faites tousser et vous n'êtes pas drôle. Il ne faudrait pas trop compter sur ma douceur, Et je puis être aussi méchante à la rigueur.

MOLIÈRE

Je le vois bien.

MADEMOISELLE DE BRIE

C'est vrai... mettez- vous en ma place!

Je vou* déclare net qu'à la fin je suis lasse, Et vous auriez pour moi des soins plus empressés, Si jeme conduisais comme une franche...

MOLIÈRE

Assez !

Je n'entends pas que vous me parliez de la sorte.

MADEMOISELLE DE BRIE

Parce que j'ai raison. Il vaut mieux que je sorte, J'en dirais trop... Adieu...

Elle part en coup de vent.

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