‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 160 sur 203 · SCÈNE VII MOLIÈRE, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE VII MOLIÈRE, seul

MOLIÈRE

C'est assez surprenant De sa part. Ah! tant pis!

Il va à la fenêtre.

Il fait nuit maintenant...

Mais quand je resterai près de cette fenêtre, Gela ne la fait pas venir. Où peut elle être?

Il s'assied a sa table et lit son manuscrit.

a Ciel! rien de plus cruel peut-il être inventé,

« Et jamais cœur fut-il de la sorte traité?

« Quoi, d'un juste courroux je suis armé contre elle,

« C'est moi qui me viens plaindre et c'est moi qu'on querelle

« On pousse ma douleur et mes soupçons à bout,

a On me laisse tout croire, on fait gloire de tout,

« Et cependant, mon cœur est encore assez lâche

« Pour ne pouvoir briser la chaîne qui l'attache. »

Il me semble, pourtant, que ce sont bien les mots Pour peindre ce que souffre Alceste, et tous les maux Qu'auprès d'une coquette endure un honnête homme. Hélas! Alceste et moi, non, ce n'est pas tout comme : Je suis plus misérable et plus lâche cent fois! Mon bonheur est perdu, je le sais, je le vois,

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