‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 187 sur 203 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

MADELEINE, ARMANDE, la petite MADELEINE CATHERINE

C'est le 1er janvier IG7-2, le matin. Madeleine, malade depuis quelques mois, est dans son lit (**). La sei vante Catherine Lcinoyne est à genoux devant la cheminée cl souffle le feu, lorsque Armande et sa fille, Esprit Madeleine, sept ans, qu'on appelle Madau, viennent dire bonjour à Madeleine.

MADAU (M) crie en entrant :

Bonjour, marraine!

ARMANDE, la calmant.

Paix! Ne faites pas de bruit.

Elle s'approche du lit de Madeleine et embrasse sa mère.

Bonjour! Comment avez- vous passé cette nuit?

Madeleine fait un signe de résignation.

Oui... vous savez ce qu'en ce jour je vous souhaite.

MADAU, criant.

Bonne fête!

ARMANDE

Mais non, ce n'est pas bonne fête :

Madau, n'avez-vous pas appris un compliment Pour votre marraine?

MADAU.

Oui.

Dites- le gentiment.

MADAU, elle s'avance vers sa marraine et lui tend un papier roulé.

« Pour le nouvel an, ma chère marraine,

« Acceptez ceci, comme bonne étrenne;

« Voyez cette image où toutes les fleurs

« Expriment les vœux que forme mon cœur.

« Je vous dis cela comme une écolière,

« Mais ce ne sont pas des vers de Molière. »

MADELEINE

En effet! Mais qui donc fit cette poésie?

ARMANDE

C'est Monsieur Baron.

MADELEINE

Il est plein de fantaisie, Ce jeune homme.

ARMANDE

Oui, c'est un garçon très amusant...

MADELEINE, à sa filleule.

Madau, je veux aussi vous faire mon présent.

Elle lui donne une grande poupée magnifiquement vêtue. MADAU.

Oh! la belle poupée!

CATHERINE

On croirait une reine.

ARMANDE

Eh bien, qu'est-ce qu'on dit?

MADAU.

Grand merci, ma marraine...

C'est ma plus belle fille.

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