ACTE BEUXIEME
ADRIENNE
J'ai voulu arrêter les frais... Alors il a été très malheureux. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, je n". pas voir souffrir les gens, surtout lorsque c'est par ma faute. Somme toute, je ne l'avais pas découragé...
Somme toute, non.
ADRIENNE
Vous vous moquez de moi.
NELLY
Pas le moins du monde.
ADRIENNE
Oh! ça, je suis franche... j'avoue mes torts, si ce JBont des torts. Bref, j'ai eu de la pitié, des remords... ■ omment vous dire ça?...
NELLY
Oui., de remords en aiguille...
ADRIENNE
Voilà. J'ai très chaud. Dieu! que j'ai chaud!
NELLY
Remettez-vous... remettez-vous...
ADRIENNE
M. lis vous saviez tout cela aussi bien que moi.
NELLY
Aussi bien, non...
ADRIENNE
Kst-ce drôle! ça m'était égal que vous le sachiez, et m'a gênée de vous le dire moi-même.
C'est assez drôle, en effet, mais c'est souvent comme ça.
ADRIENNE
Robert ne vous a jamais parlé...
NELLY
Non, jamais... c'est-à-dire que, dans les commencements, avant vos remords, il me parlait souvent de vous. Et puis, il a cessé de m'en parler... Alors, j'ai compris que... enfin que...
ADRIENNE
Je croyais qu'il existait une grande intimité entre Robert et vous... que vous étiez sa confidente.
NELLY
Il a beaucoup de confiance en moi... cela ne va pas jusqu'à la camaraderie... Et puis il est trop galant homme pour me raconter ses bonnes fortunes... el puis ça ne me regarde pas, et même je ne vois pas pourquoi vous venez aujourd'hui...
ADRIENNE
Attendez, vous allez voir. Ça a duré quelque temps, il était très agréable... lorsque tout à coup, je ne sais pas ce qui lui a pris, il est devenu ombrageux, jaloux, me faisant des scènes à chaque instant, parce que j'avais regardé celui-ci ou celui-là, parce que j'étais allée ici ou là, mais des scènes terribles, je vous assure, et que je ne peux vraiment pas supporter d'un petit jeune homme comme lui qui n'est rien, car, enfin, il n'est rien.
NELLY
Rien... vous êtes trop modeste... il est votre amant, somme toute.