ACTE DEUXIÈME SI
C'est-à-dire que vous arrivez, et vos premii
paroles sont pour me faire un éloge insensé d'Adrienne.
Vous n'êtes pas de bonne foi, ma petite Nefly... vous savez bien comment je dis ces choses-là et, quoi que je dise d'une autre femme, cela ne peut pas vous porter ombrage... D'ailleurs, depuis quelque temps, vous n'êtes plus la même, vous êtes changée, vous ne dites plus rien, vous ne me racontez plus jamais de potins, je ne suis plus votre confident.
NELLY
Oh!
LE HAZAY.
ts non, je ne suis plus votre confident... autrement, vous m'auriez déjà dit ce que Mme Destrié était venue vous raconter et qui vous faisait tant rire... ce n'est qu'un détail, mais il a son import;: Notez bien que je ne vous le demande pas.
NELLY
Je le note.
LE HAZAY.
Elle vous a sans doute priée de ne pas le répéter... l'i'ii que, plus d'une fois, vous ayez enfreint vis-à-vis de moi de telles recommandations.
NELLY
Avouez donc tout bonnement que vous êtes très curieux et que vous mourez d'envie de savoir.
LE HAZAY.
M;iis, certainement, je l'avoue.
NELLY
D'ailleurs, ce n'est pas bien intéressant. Adrienne
est venue m'annoncer que c'était fini avec le petit Bayanne... Elle aime maintenant M. de Fréville... là... êtes-vous content?
LE HAZAY.
Si elle est contente, c'est l'essentiel. Ah! c'est fini avec le petit Bayanne... depuis quand?
NELLY
Depuis avant-hier.
LE HAZAY.
Ce n'est pas vieux. Hélas! tout finit donc?
NELLY
Il faut croire.
LE HAZAY.
Pauvre garçon, il doit souffrir : il est le ver de terre lâché par une étoile. Pensez donc! Mme Destrié a été, dans sa vie, pour un instant, le rêve et la chimère réalisés... et avec ses dessous parfumés, nuancés, vaporeux, du moins je l'imagine, elle lui apparaissait comme une déesse au milieu des nuées.
NELLY
Ah ! toutes ces histoires m'écœurent, me dégoûtent. J'en ai assez... j'en ai assez !
LE HAZAY.
Vous m'avez fait peur; qu'est-ce qui vous prend? Je me demande, par exemple, ce que ça peut bien vous faire? Mme Destrié n'est pas votre sœur, votre parente.
Non, c'est vrai; mais elle m'avait priée de calmer Robert qui voulait provoquer Fréville, se battre avec lui, que sais-je?
LE HAZAY.
Ah! oui... il a du sang, ce petit bonhomme.