‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 5 sur 203 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HOUBRUN.

C'est gentil... Ça me fait penser qu'il faut que je travaille ce soir de mon état : Tasselin m'a demandé pour le Calon un docteur Mourgueil.

GINETTE

Aimes-tu ma robe?

HOUBRUN.

J'en suis fou.

GINETTE

Non, sérieusement.

Sérieusement; il faudra que je fasse ton portrait dans cette robe-là.

GINETTE

Oh ! tu dis toujours ça, mais tu ne feras jamais mon portrait dans n'importe quelle robe.

HOUBRUN.

Parce que?

GINETTE

Parce que tu ne m'y laisses pas assez longtemps.

HOUBRUN.

Venez donc faire un tour sur le balcon.

Cependant, à l'autre bout du salon, Sandral et le ministre continuent une conversation.

LATRILLE.

Mais bien entendu, sur ce réseau-là vous êtes chez *ous et, pour vos minerais, vous n'avez qu'à proposer vos tarifs vous-même. Vous savez bien la réduction que vous pouvez demander.

Tout en causant, ils sont arrivés près de Farps qui, depuis le lever du rideau, est assis dans un coin, absorbé et silencieux.

SANDRAL, en lui tapant sur l'épaule.

Eh bien, qu'est-ce que tu fais là? Tu rumines un

sonnet?

Non, je rumine un long poème et qui vaudra mieux qu'un sonnet, même sans défaut, malgré ce qu'a dit cet imbécile.

SANDRAL.

Ne reste pas tout seul, viens donc causer avec nous; tu connais bien mon ami Latrille, le ministre de...

FARGIS

Oui, oui. Votre Excellence est-elle remise de ses émotions.

LATRILLE.

Quelles émotions?

FARGIS

Vous avez été plutôt interpellé, cet après-midi, à la Chambre !

LATRILLE.

Le ministère a eu sa majorité.

FARGIS

Cinq voix.

LATRILLE.

Ça suffît. Parce que des élèves sous-officiers dans un régiment de l'Est ont chanté V Internationale, le ministère ne pouvait pourtant pas tomber...

FARGIS

Sur cette feuille de salade, sur cette pelure d'orange !

SANDRAL.

Vous avez dit là-dessus des choses très ingénieuses.

LATRILLE.

Mais certainement. De ce que ces jeunes gens

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