ACTE TROISIÈME
ROBERT, réellement interdit.
Bonjour.
ADRIENNE, à Madame Bayanne.
Bonjour, madame, vous ne me reconnaissez pas?
MADAME BAYANNE
C'est-à-dire que...
ADRIENNE
Regardez-moi bien.
MADAME BAT ANNE
Il me semble bien vous avoir déjà vue...
ADRIENNE
Cherchez bien.
MADAME BAYANNE
Mais... est-ce que vous n'êtes pas la dame?...
ADRIENNE
A qui vous avez donné l'hospitalité à Revel.
MADAME BAYANNE
Madame Destrié... Oh! je vous remets parfaitement; excusez-moi, tout d'abord j'ai été surprise... songez donc ! c'est qu'il y a huit ans de tout ça, et si je ne vous ai pas reconnue tout de suite, c'est un peu votre faute : vous deviez m' envoyer votre photographie.
ADRIENNE
< )h ! c'est vrai, madame, je me suis bien mal conduite
avec vous : je ne vous ai même pas envoyé un mot
pour vous remercier... c'eût été pourtant la moindre
'loses; mais on ne la fait pas... et puis, le temps
. il est trop tard, on n'ose plus... vous pouviez
bien me croire morte.
MADAME BAYANNE
Oh ! non, parce que mon fils m'avait écrit, il y a deux ans, comment il vous avait rencontrée chez Mme Sandral.
ADRIEN NE, soudain gênée.
Ah! oui.
Un silence.
MADAME BAYANNE
Et M. Destrié va bien?
ADRIENNE
Mais, très bien, je vous remercie... Il m'a chargée de vous dire... Ah! non, au fait, puisqu'il ne savait pas que j'aurais le plaisir de vous voir.
MADAME BAYANNE, indulgente.
L'habitude du monde... Eh bien, madame, moi, je vous charge de le remercier.
ADRIENNE
Je n'y manquerai pas.
MADAME BAYANNE, à Robert.
Je vais m'en aller, mon enfant... je dois faire quelques courses avant le dîner et Mme Sandral a la bonté de m' accompagner; j'ai rendez-vous avec elle à trois heures.
ROBERT
Alors, au revoir, maman; ton chapeau, ton^manteau...
MADAME BAYANNE
Je les ai mis sur le lit, dans ta chambre... ne te dérange pas... tu dînes avec moi, ce soir?
Certainement... comme c'est convenu... je viendrai te chercher à ton hôtel, à sept heures et demie...