ACTE TROISIÈME
ADRIENNE
Vous fûtes très gentil.
ROBERT
Voua fûtes charmante.
ADRIENNE
Et nous avons reconnu que nous pouvions être,
mais, des amis... Je ne sais rien d'ennuyeux
comme d'être fâchés... quelle situation ridicule!...
E1 puis, je n'aime pas savoir que quelqu'un m'en
veut.
Enfin ! vous voilà.
ADRIENNE
me semble tout de même tout drôle d'être ici. vant au mur son portrait.) Tiens ! voilà une dame que •nnais. Bonjour, moi.
ROBERT
C'est votre pointe sèche par Helleu que vous m'aviez donnée.
ADRIENNE
Vous êtes bien ici pour travailler.
ROBERT
Oui, il y a de l'espace, de la lumière, on voit beaucoup de ciel. Et puis, ce paysage de fortifications et de banlieue, il n'est pas séduisant tet, pourtant, il possède un certain charme maladif et pelé dont on . avec un peu d'entraînement, à s'enivrer; quand ;ps le permet, j'ouvre cette fenêtre toute grande, je m' ma table et l'inspiration entre à pleines
voiles... Elle m'arrive par là, du côté de Levallois.
ADI'.IKNNE.
Il y a longtemps qu'on n'a lu quelque chose de vous.
ROBERT
J'écris un roman.
ADRIENNE
Où, naturellement, vous racontez notre histoire.
Peut-être.
ADRIENNE
Et, naturellement, vous m'y dépeignez comme un monstre.
ROBERT
Comme une sainte!
ADRIENNE
Je n'en demande pas tant; mais ne soyez pas trop rosse, puisqu'on est des amis.
ROBERT
Soyez tranquille; mais asseyez-vous donc.
ADRIENNE
C'est que je ne vais pas rester longtemps. Il faut que je sois à quatre heures chez la comtesse de Dramond où un monsieur Tricot fait, tous les mardis, des conférences spiritualistes très intéressantes.
ROBERT
II en est hien capable.
ADRIENNE
Vous le connaissez?
ROBERT
Pas du tout.
ADRIENNE
Ii doit donner, aujourd'hui, les preuves de l'existence de Dieu.