‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 64 sur 203 · ADMETS · texte numérisé non relu

ADMETS

Vous n'êtes pas bavard... on ne peut plus vous tirer une parole... c'est mauvais signe. Il faut que je m'en aille.

Elle se lève.

ROBERT, lui prenant les mains.

Laissez-moi vous regarder, Adrienne. Vous n'avez pas peur?

ADRIENNE, mal rassurée.

Moi! de quoi voulez-vous que j'aie peur.

ROBERT

Alors, laissez-moi vous regarder... Vous vous rappelez, quand vous veniez me voir, là-haut, rue Caulaincourt? Dès que vous étiez entrée dans ma chambre, je vous prenais les deux mains, comme ça, je vous regardais longuement, bien au fond de vos yeux toujours tranquilles... et puis, je vous respirais et puis, je prenais ta bouche follement, ardemment.

Il veut faire ce qu'il dit.

ADRIENNE

Laissez-moi, Robert... laissez-moi, vous êtes fou!

Oui, de toi; mais non, je ne te laisserai pas, méchante fille! Je t'aime, entends-tu, je t'adore... Depuis que je t'ai revue, je ne pense qu'à toi, je ne pense qu'à ton corps, à nos étreintes d'autrefois... ton odeur m'affole. Sens-tu comme je te désire, ma maîtresse ? Pourquoi te défends-tu?... je suis devenu digne de toi, digne de ton plaisir.

ADRIENNE, se dégageant.

Mais, laissez-moi donc... je vous dis de me laisser,

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