SCÈNE PREMIERE SANDRAL, FARGIS, puis HELLY, UN DOMESTIQUE
Au lever du rideau, Sandral est assis à son bureau. LE DOMESTIQUE, annonce.
M. Fargis.
FARGIS, un peu honteux
Bonjour, Sandral.
SANDRAL.
Bonjour, Henri, te voilà enfin! D'où sois-tu? Tu étais encore en bordée? Voilà trois jours que tu n'as pas reparu chez toi!
FARGIS
Chez moi! Ai-je un chez moi? depuis que Ginette est partie, j'ai pris cet appartement en horreur.
SANDRAL.
irquoi ne déménages-tu pas?
FARGIS
Songe donc à ce que ça représente, un déménagement! Réveiller de la poussière qui dort... et tant de souvenirs ! On n'a pas le droit... et puis tous les meubles à remuer !
Ce n'est pas toi qui les remueras.
FARGIS
C'est égal! il faut bien leur choisir une place à ces meubles, dans une nouvelle demeure... c'est une responsabilité... et accrocher les tableaux... Pourquoi en mettre un ici plutôt que là? Il faut être bien sûr de soi pour prendre de telles décisions.
SANDRAL.
Enfin, où couches-tu en ce moment?
FARGIS
Je couche à l'hôtel.
SANDRAL.
Oui, tu t'es remis à boire et tu te laisses aller, tu te laisses aller, c'est désolant! Comme te voilà fait! Si tu te voyais!...
FARGIS
Je sais bien, je me ferme les portes de l'Institut.
SANDRAL, qui n'a pu s'empêcher de sourire.
Non, je t'assure que c'est désolant!
FARGIS
Je me dégoûte aussi, va; mais ce n'est pas ma faute. Et puis, c'est ce sale temps... regarde-moi ça : ce ciel de suie, ce pavé noir et gras ; il fait une humidité visqueuse. Ah! pouah! Je subis tellement l'influence