SCÈNE V NELLY, SAiNDRAL, FARGIS
FARGIS
Ah! je savais bien; ton domestique ne voulait pas me laisser entrer... il prétendait que tu n'étais pas là; mais j'entendais bien ta voix... Je te dérange?
SAN DR AL
Oui, beaucoup.
FARGIS
Ça ne fait rien.
SAN DR AL
Je n'aime pas qu'on force ma porte.
FARGIS
J'ai à te parler au sujet de l'affaire du dossier... Où ça en est-il? Ça m'intéresse. Sais-tu quelque chose?
- \NDRAL.
Oui... précisément Nelly \ ient d'interroger Bayanne; il a avoué.
FARGIS, a Nelly.
Ali ! pardon, madame, excusez-moi, je ne vous avais ne. Eh bien?
SANDRAL.
C'est bien ce que nous pensions... Il y avait du Maupeley là-dessous; mais il n'a encore rien livré, c'est de la chance.
FARGIS, sans conviction.
Oui.
SANDRAL.
Maintenant, est-ce vrai? (a Neiiy.) Il t'a dit ce qu'il a voulu.
Il n'a pas menti, j'en suis certaine.
SANDRAL.
Oh! certaine...
FARGIS
C'est très possible; pour lui, ce dossier était un véritable grimoire à déchiffrer... Le temps qu'il se mette au courant, qu'il prenne des notes... ou bien il faudrait que, par un hasard miraculeux, il fût tombé du premier coup sur les renseignements importants, essentiels.
SANDRAL.
Oui, c'est possible, après tout... J'espère bien qu'il n'aura pas l'audace de remettre les pieds à la maison. Alors, qu'il aille se faire pendre ailleurs!
NELLY
Ce n est pas cela qu'il faut dire; mais qu'il aille se régénérer ailleurs, et nous devons l'y aider.
SANDRAL.
Tu crois encore à la régénération, toi?
NELLY
Oui, parce qu'au fond il n'est pas corrompu; il lui a suffi de voir ma peine pour avouer et pour se repentir. Il est très coupable; mais nous ne devons pas le condamner.