‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 129 sur 237 · SCÈNE II Les Mêmes, PHILIPPE, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, PHILIPPE, HÉLÈNE

STANY.

Tiens, vous voilà, vous? D'où sortez-vous donc?

HÉLÈNE

Nous venons de nous promener, dans le parc, autour de la pelouse; il fait un clair de lune merveilleux.

MADAME LEFORMAH.

Hélène, tu aurais dû mettre quelque chose sur les épaules, mon enfant... Tu n'as pas eu froid?

HÉLÈNE

Mais non, mère chérie, je t'assure.

SUREAU

Dites-moi, des Trembles, il ne faut pas nous faire manquer notre train.

DES TREMBLES

Oh! vous avez le temps... le train est à dix heures dix-neuf.

A quelle heure as-tu dit qu'on attelle?

DES TREMBLES

A dix heures moins le quart... nous vous accompagnerons.

SUREAU

Ne vous donnez donc pas cette peine.

DES TREMBLES

Comment donc !

GOTTE

Mais y aura-t-il assez de places?

DES TREMBLES

Oui, oui, j'ai fait atteler le break.

Pendant toute cette conversation, le domestique a desservi; puis la conversation reprend, générale.

MADAME LEFORMAH.

Hélène, tu savais que le frère de M. de Fréville divorçait?

HÉLÈNE

Non, c'est la première nouvelle. Ah! il divorce? Combien y a-t-il de temps qu'il était marié?

ANDRÉ

Trois ans.

Votre frère avait fait, je crois, un mariage d'amour.

ANDRÉ

Absolument; il n'en admettait pas d'autres... Vous voyez comment se terminent ces unions-là?

STANY.

Et c'est logique : les mariages d'amour sont les seuls qui ne puissent pas durer, car ils supposent des âmes d'amants, et être amants, n'est-ce pas avoir le désir continuel de sensations, de troubles, de mystère et d'inconnu, d'inconnu?

HÉLÈNE

Alors, selon vous, on ne peut pas rester amants dans le mariage ?

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